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«La brèche»: l’affaire Huawei, comme un film à suspense

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Menace potentielle pour la vie privée, les emplois et la démocratie au Canada, le géant chinois Huawei suscite l’inquiétude des agences de sécurité du pays. Un nouveau documentaire de Club illico, La brèche, s’intéresse à ce dossier complexe, qui s’apparente de loin à une fiction d’espionnage, mais qui pourrait avoir des répercussions jusque dans nos quotidiens. 

Marc-André Sabourin, vidéoreporter du Bureau d’enquête de Québecor, à l’origine de cet ambitieux grand reportage disponible sur Club illico dès jeudi, résume aux premières secondes de La brèche l’enjeu qui en préoccupe plusieurs relativement à Huawei: s’il y a espionnage sur un réseau cellulaire, c’est une société entière qui est fragilisée.

Et, si les équipements de Huawei – «officiellement» présentée comme une entreprise privée indépendante du gouvernement chinois, qui se targue de la sécurité de ses installations – s’insèrent dans le prochain réseau de téléphonie mobile – la fameuse 5G –, la Chine pourrait s’en servir pour surveiller nos télécommunications, ce qui mettrait à risque notre économie et tout ce qui en découle.

«Huawei assure que ses produits sont sécuritaires, et tous ses équipements insérés dans le réseau de communication au Canada sont analysés dans le cadre d’un programme d’une agence de renseignements fédérale. Les risques d’espionnage sont minimes. Mais il y a toujours le risque d’une brèche. Si quelqu’un, quelque part, qu’on parle de la Chine ou autre, peut espionner notre réseau cellulaire, toute notre société est à risque. Toutes nos vies reposent maintenant là-dessus!», s’insurge Marc-André Sabourin, qui se dit fasciné par l’amalgame «de politique, de diplomatie, d’espionnage, d’économie, de géopolitique, de recherche technologique et de haute technologie» que représente l’affaire Huawei.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Comme un suspense

Fondé il y a plus de 30 ans, le fleuron chinois Huawei – qui est en quelque sorte à la Chine ce que Apple est aux États-Unis, spécifie-t-on dans La brèche – se spécialise dans la marchandise de téléphones cellulaires, de câbles modems, d’équipement DSL et d’accès en mobilité, sans fil et filaire, utilisée notamment par les opérateurs de télécommunications (Bell, Telus, Rogers, etc). Les ententes liant les institutions canadiennes à Huawei sont secrètes.

Même si Huawei montre publiquement patte blanche, des sources ont indiqué à Marc-André Sabourin que cette compagnie prospère, générant un chiffre d’affaires de plus de 100 milliards $ par année en Chine, a un passé trouble. 

Huawei est de surcroît régie par la Loi nationale sur le renseignement de la Chine, instaurée en 2017, qui stipule que toutes organisations et tous citoyens doivent soutenir, assister et coopérer avec le travail de renseignement national, autre élément qui alimente les questionnements.

Le gouvernement fédéral ayant déjà laissé Huawei s’implanter au cœur du réseau de téléphonie mobile 4G chez nous, nos agences de sécurité sonnent donc l’alarme depuis plus de 10 ans pour que les données et informations des Canadiens demeurent à l’abri des fuites. Et c’est ce que met en relief La brèche pendant 60 minutes.

Le sujet Huawei vous semble aride? Sachez que La brèche vulgarise bien son propos, et Marc-André Sabourin compare réellement le résultat à un film d’espionnage.

«C’est ma plus grande satisfaction. J’espère que les spectateurs auront l’impression de plonger au cœur d’un suspense, parce que l’affaire Huawei en est un, avec des rebondissements constants, au Canada et partout sur la planète.»

  • Le documentaire La brèche, du Bureau d’enquête, est disponible sur Club illico.