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Il faut punir la violence sur les réseaux sociaux

La Couronne veut faire condamner celui qui a ciblé la sœur d’Eugenie Bouchard

Danny Arsenault
Photo Pierre-Paul Poulin Danny Arsenault était au palais de justice de Montréal cette semaine afin de subir son procès pour harcèlement envers Charlotte Bouchard, la sœur de la star de tennis Eugenie Bouchard.

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Il est temps que les gens comprennent qu’il n’y a pas d’impunité sur les réseaux sociaux pour ceux qui s’acharnent sur les autres, a lancé la Couronne dans un vibrant plaidoyer visant à faire condamner un Montréalais qui a ciblé la sœur d’Eugenie Bouchard.

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« On entend de plus en plus parler de violence et de harcèlement [en ligne]. Il est important d’avoir un jugement sur ce problème contemporain de gens qui se donnent le droit d’envoyer des messages violents en toute impunité », a affirmé Me Charles Doucet, hier, au palais de justice de Montréal.

Le procureur s’exprimait dans le dossier de Danny Arsenault, accusé de harcèlement et de communications harcelantes envers Charlotte Bouchard, la jeune sœur de la vedette de tennis. 

De 2014 à 2017, l’accusé de 42 ans l’a inondée de messages. 

Certains étaient doux, mais d’autres étaient de nature violente ou sexuelle. 

Elle a d’abord bloqué les comptes d’Arsenault, mais après que ce dernier se serait réjoui d’avoir son attention, Mme Bouchard l’a juste ignoré. 

Jusqu’à ce qu’il publie une photo de son ancien lieu de travail.

Pas de malice...

« Je ne savais pas à quoi il ressemblait, j’avais peur chaque fois que quelqu’un me regardait trop longtemps dans la rue », a témoigné Mme Bouchard, lundi.

Arsenault, de son côté, a plaidé qu’il n’avait aucune intention malicieuse, qu’il tentait juste sa chance.

« J’ai pas imaginé que ça pouvait lui faire peur, si j’avais eu un soupçon que ça aurait pu être du harcèlement, je ne me serais pas imposé », a-t-il dit.

Durant le procès, la Cour a relaté des dizaines de messages d’une grande vulgarité.

Mais même s’il ne croyait pas mal faire et qu’il disait qu’un simple message lui disant d’arrêter aurait suffi, Arsenault doit quand même être condamné, a plaidé la Couronne. 

Blâmer la victime

Et contrairement aux insinuations de la défense avançant que la femme aurait pu fermer son compte Instagram ou encore le rendre privé, Me Doucet a rappelé que ce n’est pas à la victime de changer ses habitudes.

« Pour faire le parallèle avec les agressions sexuelles, c’est comme demander à une victime pourquoi elle n’a pas fermé les jambes, a-t-il plaidé. C’est blâmer la victime. »

Le procureur a d’ailleurs rappelé que même si Mme Bouchard n’a jamais écrit à Arsenault, ce dernier avait été bloqué par la jeune femme. À l’ère des réseaux sociaux, « bloquer » revient à signifier que la personne souhaite éviter tout contact, a-t-il rappelé.

Arsenault, qui se défend seul, connaîtra son sort le mois prochain. 

« Si je suis coupable, je vais apprendre une méchante leçon », a-t-il laissé tomber.

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