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Au moins 70 morts dans les affrontements entre Israël et le Hamas

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TEL-AVIV, Israël | Plus de 1000 roquettes tirées vers Israël, des frappes continues sur la bande de Gaza et plus de 70 morts depuis lundi: l’affrontement armé entre le Hamas et l’État hébreu ne donne mercredi aucun signe d’apaisement et fait craindre une « guerre à grande échelle ». 

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La dernière victime connue de cette escalade militaire est un enfant de six ans, dans la ville israélienne de Sdérot, victime d'un nouveau barrage de roquette du Hamas depuis la bande de Gaza qui a causé des ravages dans la ville voisine d'Ashkelon.

Ce décès porte à sept -- incluant un soldat -- le nombre de personnes tuées en Israël depuis le déclenchement des hostilités lundi, les plus intenses depuis la guerre de Gaza de 2014.

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Sur cette image : un véhicule détruit dans la ville de Holon en Israël après des tirs de roquettes provenant de Gaza.
AFP
Sur cette image : un véhicule détruit dans la ville de Holon en Israël après des tirs de roquettes provenant de Gaza.

À Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien et contrôlée par le Hamas, 65 personnes sont mortes dans des frappes israéliennes, dont 16 enfants et plusieurs commandants du Hamas.

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Les violences font suite aux troubles du week-end sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme, dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé et annexé par Israël.

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Aucune trêve n’est envisageable tant qu’un « calme durable » n’est pas assuré, a prévenu le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, alors que des dommages inégalés depuis la dernière guerre de Gaza en 2014 ont été constatés en Israël.

Sur cette image : un homme regarde un bâtiment de Gaza détruit lors d’un raid aérien.
AFP
Sur cette image : un homme regarde un bâtiment de Gaza détruit lors d’un raid aérien.

L’inquiétude grandit au sein de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu mercredi une nouvelle réunion d’urgence à huis clos consacrée à cette crise sanglante, sans parvenir comme lundi à s’entendre sur une déclaration en raison d’une opposition persistante des États-Unis à l’adoption de tout texte, selon des diplomates.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé mercredi à tout mettre en œuvre pour éviter un nouveau « conflit meurtrier ».

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian
AFP
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian

Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle », a alerté mardi l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland: « Une guerre à Gaza serait dévastatrice et ce sont les gens ordinaires qui en paieraient le prix », dans ce micro-territoire palestinien de deux millions d’habitants sous blocus, miné par un taux de chômage avoisinant 50 %. 

Un soldat tué

Mercredi matin, le sergent-chef Omer Tabib, 21 ans, a été tué par des tirs antichar du mouvement Hamas, « lors d’une opération visant à protéger des villages (israéliens) près de la bande de Gaza », a indiqué l’armée. 

La branche armée du Hamas avait auparavant annoncé avoir tiré un missile sur une jeep de l’armée israélienne, puis confirmé la mort de plusieurs de ses commandants dans des frappes israéliennes sur Gaza.

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Les services israéliens affirment avoir tué au total une « dizaine » de responsables du Hamas mais aussi des cadres du djihad islamique, second groupe islamiste armé de la bande de Gaza, dans des raids menés depuis lundi soir.

Pour l’armée, les frappes sur Gaza se veulent une riposte aux « plus de 1000 roquettes » lancées par différents groupes armés vers l’État hébreu depuis lundi.

Le Hamas avait lancé une première salve de roquettes vers Israël en guise de « solidarité » avec les plus de 900 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est occupé.

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 Outre le nombre croissant de morts, 335 Palestiniens ont été blessés dans ces frappes, dont beaucoup ont été sauvés des ruines fumantes de bâtiments. Côté israélien, plus de 100 personnes ont été blessées.

« Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête et si (Israël) veut arrêter, nous sommes prêts aussi », a indiqué mardi soir le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, appelant les forces israéliennes à se retirer de l'esplanade des Mosquées.

Selon la procureure en chef de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda, des « crimes » pourraient avoir été commis.

 « Pogrom » en Israël

Des violences ont aussi gagné des villes israéliennes ces derniers jours, notamment Lod, cité mixte juive et arabe du centre du pays, où l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu imposé de mercredi 20 h à jeudi 4 h, après que la police a fait état d’émeutes par la minorité arabe.

Le président Reuven Rivlin a dénoncé un « pogrom », tandis que certains observateurs craignaient une aggravation des troubles civils après que des manifestants ont notamment brûlé des voitures, affronté la police israélienne et attaqué des automobilistes juifs dans plusieurs villes mixtes.

Mercredi soir, Lod s’embrasait de nouveau comme d’autres villes mixtes d’Israël, théâtre d’affrontements entre juifs et Arabes.

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Des manifestations de soutien à l’étranger se sont encore déroulées mercredi, notamment au Liban ou en Jordanie où environ 3 000 personnes se sont rassemblées à Amman en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem-Est et de Gaza, saluant les roquettes de « résistance » tirées contre Israël.