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À quand, ici, le retour des contacts amicaux?

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Photo AFP

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Les Anglais renoueront avec le câlin dans quelques jours. 

À quand, ici, le retour des contacts amicaux ?

C’est encore un mystère, comme l’ensemble du plan de match du déconfinement d’ailleurs.

Seule la Saskatchewan a pour l’instant offert un itinéraire.

Le Québec prépare le sien. François Legault a promis de le rendre public « prochainement ».

Plusieurs de nos alliés ont déjà présenté un calendrier clair.

Le Royaume-Uni a offert un plan très détaillé d’une soixantaine de pages en février. La France, il y a deux semaines.  

Chez nous, on attend toujours.

Ottawa discret

Ne comptez pas sur le gouvernement fédéral pour vous éclairer. 

Santé Canada a l’intention de publier de vagues lignes directrices, laissant la voie libre aux provinces. 

Ottawa a tout au plus jusqu’à présent évoqué la règle du 75/20. C’est-à-dire que 75 % de la population doit avoir reçu une première dose, et 20 % la deuxième, avant la levée de mesures sanitaires.

Mais de quelles mesures parle-t-on, au juste ? Nous n’en avons, pour l’instant, aucune idée.

Je comprends en partie la stratégie.

La pandémie nous a appris qu’elle se vit très différemment selon notre lieu de résidence. 

Dans notre système fédéral, il importe que les provinces aient toute la latitude requise pour exercer leurs pouvoirs d’action.

Il est aussi risqué pour le fédéral de s’avancer sur un terrain dont il ne contrôle pas toutes les variables.  

Mais rien n’empêche le gouvernement Trudeau d’établir certains standards. Ou encore à agir dans ses champs de compétences, comme les voyages.  

Ottawa a pris position sur le masque, la ventilation, les services funéraires, les tests de dépistage, les rassemblements à Noël ; bref, sur une foule de choses durant la pandémie.  

Pourquoi se refuse-t-il à éclairer les citoyens quant au portrait du déconfinement ? 

Ou à décrire, selon certains critères, ce qu’il considère comme sécuritaire ?

L’argument de la décentralisation a ses limites.

Aux États-Unis, même si les États jouissent de vastes pouvoirs, l’agence fédérale a décrit une liste d’activités sécuritaires pour les gens entièrement vaccinés. 

Craint-on, ici, de brouiller le message ? 

Il est vrai qu’Ottawa et les provinces ont eu peine à parler d’une même voix durant la pandémie. 

Le fédéral prévoyait par exemple un Noël beaucoup moins festif que Québec au départ, avant que la CAQ ne recule. 

« Lors du confinement, ça aurait été plus facile d’avoir un seul message. Mais quand vient le temps de donner du lousse, les gens sur le terrain sont les mieux placés pour prendre les décisions », m’explique un libéral. 

« Revers de la fédération, ou bienfaits de la décentralisation ? » philosophe-t-il au bout du fil.

Disparités

On sait déjà qu’il y aura des disparités dans les plans de déconfinement des provinces. 

La Saskatchewan a essentiellement épousé un seul critère, soit celui de l’immunisation. 

Selon ce qu’on en comprend, le gouvernement Legault tiendra aussi compte d’autres facteurs, comme les cas rapportés. 

Y a-t-il une meilleure formule ? Ottawa a choisi de demeurer muet sur la question.

Il publiera seulement, bientôt, une liste de critères à considérer. 

On nous promet une dose de liberté avec la vaccination. Mais nous ne savons pas encore de quoi elle sera faite. 

Il serait temps que le portrait se précise.