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Loi 21 sur la laïcité: Legault écorche Émile Bilodeau

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Écorché par le premier ministre pour son opposition à la Loi sur la laïcité, le chanteur Émile Bilodeau y voit une preuve que le gouvernement Legault n’est pas au diapason de la jeunesse québécoise.  

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«Je suis ébranlé, mais ça ne sera pas la dernière fois de ma carrière, admet l’auteur-compositeur-interprète, joint par notre Bureau parlementaire. Je vois les propos du premier ministre comme étant un autre exemple que la jeunesse oui, mais pas tant que ça. Ce que ça symbolise, c’est que la jeunesse est encore un peu laissée de côté avec ses idées de vouloir se rassembler».  

Le musicien de 24 ans était de passage plus tôt aujourd’hui au Palais des congrès pour divertir les Québécois qui se font vacciner. Émile Bilodeau a poussé la chansonnette près de la file d’attente de la clinique de vaccination sans rendez-vous, à la demande du CIUSSS du Centre Sud de l’Île de Montréal, pour inciter les jeunes de 25 ans et plus à se faire inoculer.  

Ouverture de la vaccination sans rendez-vous contre la COVID-19 au Palais des congrès de Montréal, pendant la troisième vague de la pandémie de COVID-19, le jeudi 13 mai 2021. Sur cette photo: Le chanteur Émile Bilodeau chante au centre de vaccination.
JOËL LEMAY/AGENCE QMI
Joël Lemay / Agence QMI
Ouverture de la vaccination sans rendez-vous contre la COVID-19 au Palais des congrès de Montréal, pendant la troisième vague de la pandémie de COVID-19, le jeudi 13 mai 2021. Sur cette photo: Le chanteur Émile Bilodeau chante au centre de vaccination. JOËL LEMAY/AGENCE QMI

François Legault, qui était en conférence de presse jeudi matin pour présenter les détails de son projet de réforme de la Loi 101, a écarté d’emblée la candidature du chanteur pour faire la promotion du français auprès des jeunes.  

«Peut-être prendre quelqu’un qui appuie la loi 21 (sur la laïcité) pour commencer», a lancé François Legault, sourire en coin. Rappelons qu’Émile Bilodeau avait suscité beaucoup de réactions l’an dernier pour avoir arboré un macaron anti-loi 21 lors du spectacle de la Fête nationale.  

Le jeune artiste se dit souverainiste, mais contre la loi interdisant aux employés de l’État en position d’autorité de porter des signes religieux. «Mes convictions, je vais les défendre. Un Québec libre, avec des Québécois libres de faire le métier qu’ils veulent peu importe comment ils s’habillent. Les preuves sont là, il n’y a rien qui prouve qu’une femme qui porte le voile se doit de faire la promotion de sa religion au travail», insiste-t-il.  

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher avec Pierre Nantel sur QUB radio:

Un chevalier de la protection du français

Et si le premier ministre et son gouvernement ne veulent pas de lui pour promouvoir le français en raison de certaines de ses convictions, Émile Bilodeau compte tout de même continuer de défendre avec ferveur la langue de Molière.  

«Moi, dans mon salon, j’ai développé un lien (durant la pandémie) avec ce gouvernement-là, qui a quand même réussi à rassembler, à nous dire que ça allait bien aller. Alors aujourd’hui, je reçois ça un peu de travers parce que je me considère un peu comme un chevalier de la protection de la langue et aujourd’hui, j’ai été un peu laissé de côté par mon suzerain».  

Il rappelle que la défense du français, c’est le devoir de tous et un projet de société.   

Des excuses?

Tous les partis d’opposition ont déploré le commentaire de François Legault. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon a parlé d’une attaque «gratuite». Québec solidaire a suggéré au premier ministre d’offrir ses excuses au jeune artiste.  

«Belle manière de mettre la table pour le débat sur la langue: si vous êtes contre la loi 21, vous serez persona non grata pour le gouvernement de la CAQ. Monsieur Legault, si vous souhaitez rassembler, changez d’attitude», a fait valoir le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois sur son fil twitter.  

Mais Émile Bilodeau ne s’attend pas à des excuses du premier ministre. Il estime que ça fait partie de son «essence d’artiste» de dire tout haut ce qu’il pense et maintenant, chacun doit poursuivre sa besogne.  

«Moi, je (fais la promotion) de mes albums, eux autres, ils font la promotion de leur loi, ils le font de la manière qu’ils veulent».