/finance
Navigation

Peurs ravivées à Lac-Mégantic

Près de huit ans après la tragédie, la voie de contournement n’est pas achevée

Robert Bellefleur
Photo courtoisie, Robert Bellefleur Robert Bellefleur vit à Lac-Mégantic. Il habite à 300 mètres en contrebas de la voie ferrée théâtre de l’accident du 6 juillet 2013.

Coup d'oeil sur cet article

« J’ai le chemin de fer à 1000 pieds en haut de la maison. S’il arrive quelque chose, je n’aurai pas le choix de me sauver par le lac. Ma chaloupe est toujours prête », lance, sur un ton grave, Robert Bellefleur, un habitant de Lac-Mégantic.  

• À lire aussi: Pas de consensus sur les effets de la fermeture de la ligne 5 d’Enbridge

Là-bas, les souvenirs du convoi ferroviaire en flammes sont encore vifs. Et à cause de la fermeture de la canalisation 5 au Michigan (qui achemine 540 000 barils chaque jour vers l’Ontario et le Québec), il y aura davantage de trains qui transporteront du pétrole au Québec chaque jour.

« Il y a plusieurs personnes qui ont de la misère à dormir. À chaque nuit, des trains passent tout près d’ici. La maison en tremble », lance celui qui avait mis en place la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire après la tragédie ferroviaire.  

Robert Bellefleur
Photo Reuters, Christine Muschi

Actuellement à Lac-Mégantic, il n’y a pas de pétrole brut qui transite par train. 

  • Écoutez l'entrevue de la mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

 

« Mais nous avons encore pire, de l’essence, du propane, de l’acide sulfurique. Mais malheureusement, on s’attend à ravoir des wagons qui transportent du brut. Et ça inquiète tout le monde ici », assure M. Bellefleur. 

Pas avant 2023

Tout cela arrive au moment où la municipalité n’a toujours pas encore de voie de contournement. 

« On nous dit finalement qu’on l’aura en 2023. Mais notre hantise, c’est qu’on ait encore du pétrole lourd qui circule dans notre municipalité avant la construction de la nouvelle voie », affirme-t-il. 

À Lac-Mégantic et aux environs, il y aurait 1600 maisons à proximité de la voie ferrée. 

« Il n’y a rien actuellement pour nous permettre de guérir, les gens sont encore en choc post-traumatique. Et tant qu’on n’aura pas de voie de contournement, il n’y aura pas de guérison », se désole-t-il.  

« On n’a encore rien vu »

Selon Denis Allard, président du Fonds mondial du patrimoine ferroviaire, le Québec est loin d’en avoir fini avec les trains pétroliers alors que les projets de pipeline sont bloqués et que l’Alberta veut exporter son pétrole. 

« Sincèrement, on n’a encore rien vu. Le CN et le CP veulent mettre la main sur le transporteur Kansas City Southern, ça signifie nécessairement qu’on va transporter du pétrole vers le Canada. Et avec la fermeture d’Enbridge, c’est au moins deux convois de pétrole par jour, 80 wagons chacun », a-t-il analysé en entrevue avec Le Journal. 

À VOIR AUSSI...