/news/society
Navigation

Snowden sonne l’alarme sur la collecte de données

Le célèbre lanceur d’alerte était en visioconférence jeudi à l’Université Concordia

Edward Snowden
Capture d'écran, Zoom Edward Snowden était en visioconférence à l’Université Concordia jeudi. Le célèbre lanceur d’alerte s’est fait questionner, entre autres, sur les vols de données.

Coup d'oeil sur cet article

Plus encore que les fuites de données personnelles, c’est la collecte massive d’informations en ligne à notre sujet qui devrait nous inquiéter, juge le lanceur d’alertes américain Edward Snowden.

• À lire aussi: Edward Snowden reçoit un titre de résident permanent en Russie

« On nous dit qu’on a un problème de protection de données. Moi, je suis ici pour vous dire qu’on a plutôt un problème de collecte de données », a déclaré Snowden, lors d’une allocution organisée par l’Université Concordia, jeudi. 

Sous prétexte d’améliorer l’expérience client, il est en effet courant pour des compagnies privées et des applications de colliger toutes sortes d’informations afin de les revendre au plus offrant, sans que l’utilisateur ait son mot à dire. 

« Essentiellement, nous sommes obligés de vivre nus en ligne, alors que ces organisations sont très opaques », a poursuivi le conférencier connu pour avoir dévoilé un programme gouvernemental de surveillance de masse aux États-Unis en 2013.

En d’autres mots, les utilisateurs sont de plus en plus exposés, tandis que de puissantes entreprises disposent du privilège de la confidentialité quant à leurs collectes d’informations. 

« Les téléphones intelligents envoient des tonnes d’informations à propos de nos faits et gestes, mais on ne s’en rend pas compte parce que c’est camouflé par le système d’opération », rappelle-t-il. 

Pas d’accumulation de données

Par ailleurs, Edward Snowden déplore que les législateurs se soient surtout concentrés sur la protection de la confidentialité des données plutôt que sur le droit ou non d’en compiler et de les revendre. 

Il existe pourtant des lois et des ordres professionnels qui interdisent aux médecins, aux planificateurs financiers ou aux psychologues de divulguer des informations privées concernant leurs clients ou d’en profiter, souligne-t-il. 

« Alors pourquoi serait-ce acceptable que [Mark] Zuckerberg [PDG de Facebook], les exploite de toutes les façons possibles et inimaginables ? » demande-t-il.

Au Canada et au Québec, deux projets de loi concernant la protection des renseignements personnels sont présentement à l’étude, mais risquent d’être moins mordants que le Règlement général sur la protection des données en vigueur en Europe, souvent cité en exemple. 

« Certaines entreprises font du lobby pour empêcher des lois trop restrictives concernant la collecte des données, parce que c’est leur pain et leur beurre », déplore Luc Lefebvre, président de Crypto.
Québec.

À VOIR AUSSI...