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Affaire We Charity: le premier ministre Trudeau blanchi par le Commissaire à l'éthique

Le commissaire à l’éthique juge que le premier ministre n’a pas commis de faute

Affaire We Charity: le premier ministre Trudeau blanchi par le Commissaire à l'éthique
Photo AFP

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OTTAWA | Justin Trudeau a finalement été blanchi dans l’affaire WE Charity. Le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique juge que le premier ministre n’a commis aucune faute, malgré la proximité de sa famille avec l’organisme.

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« Bien que le lien entre les proches de M. Trudeau et [WE Charity] ait donné lieu à l’apparence d’un conflit d’intérêts, l’apparence d’un conflit ne constitue pas une contravention aux règles de fond de la loi », a tranché le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion.

Dans un rapport très attendu publié jeudi, M. Dion a analysé en détail l’octroi au printemps dernier de la gestion du programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant à l’organisme WE Charity, ou UNIS en français.

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Ce programme assorti d’un budget de plus de 900 millions $ devait encourager les jeunes à faire du bénévolat pendant la pandémie. Il visait à pallier le manque d’emploi étudiant provoqué par la crise sanitaire.

L’affaire a fait scandale, car l’organisme fondé par les frères Marc et Craig Kielburgers embauchait régulièrement la famille Trudeau, en plus d’entretenir des liens étroits avec le ministre des Finances d’alors, Bill Morneau, et sa famille.

Pas de traitement de faveur

Mais le commissaire Dion n’a trouvé « aucun élément de preuve » démontrant que le premier ministre a pris des décisions « de façon irrégulière » dans cette affaire. Il conclut que « M. Trudeau n’a pas accordé de traitement de faveur » à WE Charity.

C’est plutôt un conseiller politique de M Morneau, qui a introduit l’organisme aux fonctionnaires qui « peinaient à trouver une façon correcte et rapide de mettre en place le programme de bourse », d’après l’analyse du commissaire Dion.

« Ce rapport confirme ce que je dis depuis le début », s’est réjoui Justin Trudeau.

M. Trudeau a tenu à rappeler qu’« au cœur de cette initiative se trouvait la volonté d’apporter du soutien aux jeunes le plus rapidement possible durant cette pandémie ».

Le programme n’a cependant jamais vu le jour après que l’organisme WE Charity s’en fut désengagé et eut remis à l’État les fonds qu’il devait distribuer.

Le premier ministre n’a fait aucune mention de son ex-ministre des Finances, Bill Morneau, qui a été, lui, sévèrement blâmé par le commissaire Dion.

Loin de calmer l’opposition, les conclusions du commissaire Dion ont poussé les bloquistes et les conservateurs à réclamer le jugement des urnes.

Loi anticorruption

« Il est temps de faire le ménage à Ottawa avec une nouvelle loi anticorruption qui garantira que les libéraux, comme Justin Trudeau, ne pourront plus récompenser leurs amis bien placés », a dit le chef conservateur Erin O’Toole.

« Je respecte la décision du commissaire à l’éthique, mais je pense que le jugement final appartiendra aux électeurs », a quant à lui déclaré le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

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