/news/politics
Navigation

Réforme de la loi 101: des inquiétudes, mais aussi de la satisfaction

Les réactions divergent dans les milieux touchés

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, marche aux côtés du premier ministre François Legault, quelques instants avant de présenter aux médias l’importante réforme de la loi 101.

Coup d'oeil sur cet article

La réforme de la loi 101 déposée par le gouvernement Legault a fait réagir dans les milieux de l’éducation, des affaires et dans la communauté anglophone. 

• À lire aussi: Une loi pour la survie du français

Des craintes chez les entreprises  

<strong>Jean-François Belleau</strong><br><em>Directeur des relations gouvernementales (Québec) pour le Conseil canadien du commerce de détail</em>
Capture d'écran
Jean-François Belleau
Directeur des relations gouvernementales (Québec) pour le Conseil canadien du commerce de détail

Les entreprises attribuent l’absence de service en français dans certains secteurs à la pénurie de main-d’œuvre et s’inquiètent de la judiciarisation des conflits linguistiques. Avec la refonte de la loi 101, une personne qui se voit refuser d’être servie en français dans un commerce pourra se tourner vers un recours civil, une situation dénoncée par Jean-François Belleau, du Conseil canadien du commerce de détail. « S’il n’y a pas de service en français dans certains commerces de Montréal, c’est principalement à cause de la pénurie de main-d’œuvre », indique M. Belleau. Il ajoute que ça risque de devenir un « fardeau » très lourd à porter pour les entreprises. « Il y a également un facteur qualitatif très difficile à établir sur la qualité de français qu’un employé doit avoir. »

La communauté anglophone « très inquiète »  

<strong>Sylvia Martin-Laforge</strong><br><em>Directrice générale du Quebec Community Group Network</em>
Photo courtoisie, 24 Heures
Sylvia Martin-Laforge
Directrice générale du Quebec Community Group Network

Les anglophones du Québec craignent la refonte de la loi 101 du gouvernement Legault, qui place les droits collectifs des francophones devant les droits et libertés des individus, déplore Sylvia Martin-Laforge, directrice générale du Quebec Community Groups Network. « On est très inquiets de ces changements qui mettent en péril les droits fondamentaux des Québécois », déplore-t-elle. Elle estime que le projet de loi inclut des mesures coercitives « qui font que ça va être plus difficile de vivre, travailler et s’amuser en anglais librement au Québec ». « Avec l’OQLF, il va y avoir une certaine inquiétude à parler en anglais, même entre deux anglophones, dans leur milieu de travail. Ça vient nous toucher dans notre quotidien. »

Les cégeps et leurs étudiants satisfaits  

Le projet de loi 96 a été accueilli favorablement dans le réseau collégial, où les établissements étaient farouchement opposés à un élargissement des dispositions de la loi 101. La Fédération des cégeps salue la volonté gouvernementale de « prévoir un développement ordonné et proportionné du réseau collégial francophone et anglophone ». Son président-directeur général, Bernard Tremblay, s’étonne toutefois qu’aucune mesure similaire ne soit prévue pour les universités. La Fédération étudiante collégiale du Québec est aussi satisfaite du projet de loi, qui reprend « pratiquement à la lettre » ses positions en matière de renforcement du français au collégial. Par ailleurs, ce projet de loi ne remet pas en question l’agrandissement controversé du Collège Dawson, à Montréal, a indiqué le cabinet du ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en début de soirée hier.

LISEZ TOUTES LES CHRONIQUES SUR LE SUJET   

• À lire aussi - Simon Jolin-Barrette: l’héritier

• À lire aussi - La surprise constitutionnelle

• À lire aussi - Projet de loi 96: un coup politique fumant

• À lire aussi - Voir un Québec se tenir debout fait du bien

• À lire aussi - Rendre les jeunes fiers de notre langue