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Rendre les jeunes fiers de notre langue

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Alors qu’on nous présentait hier une réforme de la loi 101, je me suis mise à penser que, bien qu’un encadrement plus serré du français soit plus que bienvenu, il faudrait tôt ou tard trouver des façons de rendre le monde fier de la parler, la langue de chez nous.

J’ai tenu le français pour acquis trop longtemps

Je suis née peu après le premier référendum et j’ai un peu honte de dire que le combat du français au Québec aura davantage été celui de mes parents. Ce n’est que tout récemment que je me suis mise à m’inquiéter de la pérennité de notre langue.

Pourquoi ? Parce que mes enfants consomment majoritairement de la musique, des films et des séries en anglais. Quand je leur ai demandé pourquoi, ils ont répondu que le contenu québécois, c’est poche. 

Mon sang a fait trois tours, et je me suis lancée dans un sermon nationaliste digne de ceux qu’aurait pu me faire ma mère si elle m’avait surprise à parler contre René Lévesque (je blague, je n’aurais jamais osé). Après, je leur ai fait écouter en rafale M’entends-tu, C’est comme ça que je t’aime et Je voudrais qu’on m’efface.

« Pis, trouvez-vous ça encore poche, les affaires québécoises ? » Dans leurs yeux, j’ai vu des petits brasiers s’allumer. C’était de la fierté. De la fierté de s’être reconnus, reconnus pour vrai, dans des univers fictionnels où on parle leur langue. Où on parle de nous. 

Unique

Parce qu’elle est là, la vraie menace, selon moi. Je ne dis pas qu’il ne faut pas consommer de biens culturels qui viennent d’ailleurs. Au contraire. Simplement, la netflixication de la planète amène avec elle une culture homogène. Tout le monde écoute désormais la même affaire en même temps. 

Que restera-t-il de nous si, demain, nous ne savons plus qui nous sommes ? L’unicité de la culture et de la langue québécoise est ce qui en fait la beauté. Et cette unicité, nous devrions la défendre farouchement.