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Loi 96: Legault et la CAQ ont eu peur des Anglais

Loi 96: Legault et la CAQ ont eu peur des Anglais
Photo d'archives

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Avec sa mise à jour de la loi 101, la CAQ a accouché d’une punaise. Les prétendues réformes linguistiques sont tellement mièvres qu’elles ont été, somme toute, bien accueillies par Dominique Anglade, le Quebec Liberal Party et leur maison-mère fédérale. C’est tout dire.

Le ministre Simon Jolin-Barrette avait promis des «mesures costaudes». Imaginez. On va demander que la spécificité française du Québec soit inscrite dans la Constitution canadienne. Wouah, la CAQ a osé! Grande victoire. So what!!!!

Les caquistes sont des péteux de broue qui se pètent les bretelles. Dans deux secteurs majeurs, les cégeps et les municipalités soi-disant anglophones, le gouvernement s’est aplati devant les Anglos.

Dans les cégeps, ce sera business as usual. Dans tous les pays du monde, un diplômé du collégial public doit maîtriser la langue nationale. Ce ne sera toujours pas le cas au Québec avec la «réforme chloroforme» que propose Legault. C’est une humiliation nationale.

Les cégeps vont continuer d’angliciser les allophones et les francophones. Dorénavant avec un petit numerus clausus. Prochaine étape, au retour au pouvoir des libéraux, rendre également l’école anglaise disponible à tout le monde: freedom of choice for all Quebecers. OK. OK, en mettant aussi un léger pourcentage restrictif.

Même frilosité dans un autre domaine où la CAQ nous promettait une intervention énergique pour se racheter de son refus de 2013 d’appuyer Pauline Marois sur la question. Surprise! Legault n’a pas eu le courage de retirer le statut de municipalités bilingues à celles qui ont moins de 50% d’anglophones, leur laissant le libre choix. Quelle lâcheté!

Et Legault n’en a pas fini avec les Anglos. Ils l’attendent avec une brique et un fanal dans la crise qui s’annonce autour de la loi sur la laïcité. Du côté du PLQ, on fourbit ses armes. Les municipalités anglophones et pseudo-anglophones, chouchoutées par la CAQ, vont lui cracher au visage. Un exemple. Côte-Saint-Luc (seulement 40% d’Anglos) a déjà annoncé qu’elle refusera d’appliquer la loi 21 sur la laïcité de l'État lorsqu’elle sera adoptée. Comme d’autres municipalités qui ne méritent pas le statut de bilingues, Côte-Saint-Luc avait l’intention de s'opposer à toute tentative de la CAQ de lui retirer ce statut.

J’espère que le Parti québécois va savoir exploiter la couardise de la CAQ pour lancer une campagne de mobilisation avec des organisations patriotiques, dont plusieurs sont dormantes depuis des années comme la SSJB. Combien de Québécois sont prêts à descendre dans la rue pour défendre la primauté du français au Québec? Ce serait une façon de voir si vraiment ils y tiennent encore. Rassurez-vous, ça n’arrivera pas.

La CAQ et Legault agissent comme s’ils avaient pour mandat de gérer la mort paisible de la nation québécoise en adoptant des lois linguistiques insignifiantes tape-à-l’œil pour la rassurer. Qui sait? C’est peut-être ce que veulent nombre de Québécois: disparaître doucement dans la tranquillité et la sérénité. Surtout pas de chicanes, pas de brouhaha linguistique. Camille Laurin, René Lévesque, Bernard Landry et Jacques Parizeau doivent se retourner dans leur tombe.