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Kotkaniemi et Caufield en eaux troubles

Dominique Ducharme semble vouloir miser sur l’expérience avant la jeunesse

GEN - ENTRAINEMENT DU CLUB HOCKEY CANADIEN DE MONTRÉAL
Photo Martin Alarie Jesperi Kotkaniemi et Cole Caufield semblaient détendus à l’entraînement du Canadien à Brossard, samedi.

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Au premier entraînement avant le premier tour des séries contre les Maple Leafs de Toronto, Jesperi Kotkaniemi et Cole Caufield portaient un chandail gris, tout comme Michaël Frolik.

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Sans parler d’une décision coulée dans le béton, Kotkaniemi et Caufield n’ont pas hérité de la bonne couleur de gilet. Quand tu patines avec Frolik, qui a passé la grande majorité de la saison sur l’escouade des réservistes, il ne s’agit pas d’un vote de confiance. 

« Mon idée n’est pas nécessairement faite, a tempéré Dominique Ducharme à sa sortie d’un entraînement d’un peu plus d’une heure. Il y aura un autre entraînement demain [aujourd’hui] et on pourrait tenter des choses différentes. On prendra ça un jour à la fois. »

Ducharme a logiquement joué la carte de la prudence. Il n’a pas confirmé à 100 % l’exclusion de Kotkaniemi et de Caufield pour le premier match face aux Leafs. Mais il a offert des indices qui pointent grandement en cette direction. L’entraîneur en chef sur une base intérimaire a louangé l’importance de l’expérience et il a déniché des rôles à Eric Staal, à Corey Perry et à Joel Armia sur l’une des deux vagues en supériorité numérique. 

Un nouveau départ

À l’aube des séries, le CH a visiblement l’intention de miser sur l’expérience. À 36 ans, Staal a joué 1293 matchs en saison et 62 matchs en séries. Il a aussi une bague de la coupe Stanley, remportée en 2006 avec les Hurricanes. Mais pour l’instant, on parle plus de ses exploits du passé que des actuels. 

Acquis des Sabres de Buffalo pour des choix de 3e tour et de 5e tour en 2021, Staal ressemble plus à un joueur sur le déclin qu’à un bon vétéran depuis ses débuts à Montréal. En 23 matchs, le joueur originaire de Thunder Bay a obtenu seulement 3 points (2 buts, 1 passe). 

En entrevue en visioconférence, Staal parlait comme un joueur qui s’attend à ouvrir les séries au centre de Perry et de Josh Anderson. 

« J’ai déjà joué en séries, je comprends ce que tu as besoin de faire, a dit Staal. J’ai de l’expérience, mais je devrai aussi bien jouer sur la glace afin d’aider l’équipe à gagner. Je suis un morceau du casse-tête. Je suis heureux de recevoir cette chance pour le premier match à Toronto. »

Staal espère aussi que les séries lui offriront un second souffle. 

« C’est le cas pour tout le monde, tu repars avec des zéros partout, a-t-il répliqué. C’est une nouvelle vie, une nouvelle occasion. »

S’il avait un message pour Kotkaniemi et Caufield, l’ancienne gloire des « Canes » leur dirait de rester patients. 

« Quand tu joues assez longtemps et que tu regardes les séries, tu comprends que tu ne gagnes pas 16 victoires et que tu ne traverses pas quatre tours avec la même formation. Ça ne marche pas comme ça. En plus, nous sortons d’un horaire très difficile, nous aurons besoin de tout le monde. Il y aura des blessés, ça donnera une chance pour les autres. » 

La valeur de l’expérience

Il y a seulement deux joueurs qui ont participé aux 56 matchs du CH cette saison : Nick Suzuki et Kotkaniemi. Si Suzuki jouera un rôle clé face aux Leafs, Kotkaniemi cherchera à se battre pour sa place. 

Kotkaniemi, le troisième choix au total au repêchage de 2018, n’était pas l’ombre de lui-même en fin de saison. Il n’a pas marqué à ses 24 derniers matchs, récoltant quatre petites passes au cours de cette période. 

Staal n’a pas été plus étincelant, mais sa présence peut se justifier avec le facteur de l’expérience. Une qualité importante aux yeux de Ducharme et probablement à ceux de Marc Bergevin, qui a acquis six anciens gagnants de la coupe Stanley au cours des derniers mois. 

« En séries, tu dois gérer l’adversité à travers un match, gérer des situations précises et des trucs qui peuvent faire pencher la balance, a expliqué Ducharme. Il n’y a pas un livre de recettes, ce n’est pas la même chose d’une série à l’autre. Mais plus tu as d’expérience, plus tu peux reconnaître des situations. Tu peux te souvenir de l’impact de chacune de tes actions, tu peux les identifier et tu sais mieux comment réagir. »

Du long terme

Auteur de quatre buts et de cinq points à ses 10 premiers matchs dans la LNH, Caufield a encore une fois reçu de bons mots de son entraîneur, mais ce dernier a aussi misé sur la patience dans son cas. 

« On a confiance en lui, on est heureux de son adaptation, a dit l’entraîneur de 48 ans. Il est réceptif à ce qu’on apporte et aux choses qu’on travaille avec lui. Il n’est pas ici pour six mois. On veut le voir ici pour 15 ans et qu’il devienne le joueur qu’il peut devenir. »

Avec les deux premiers matchs à Toronto, Ducharme voudra vraisemblablement compter sur l’expérience avant la jeunesse. Mais advenant un revers d’entrée de jeu, le plan pourrait prendre le chemin de la poubelle rapidement. 

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