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Yves Desrosiers: des bandes dessinées aux romans d’Amélie Nothomb

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En plus d’être multi-instrumentiste, le musicien Yves Desrosiers aime une multitude de genres, côté littérature. En attendant de pouvoir aller l’entendre le 11 juin au Théâtre de la ville, à Longueuil, et le 12 juin au Théâtre Outremont, il nous en parle.

On a entendu dire que vous aimiez beaucoup les bandes dessinées. Vous vous rappelez avec lesquelles tout a commencé ? 

► Comme tous les enfants de ma génération, avec celles de Tintin et d’Astérix. Mais ce sont surtout les Gaston Lagaffe de Franquin qui ont retenu mon atten-tion avec leurs personnages loufoques. Franquin et sa série Idées noires m’ont transporté, adolescent, vers les auteurs de L’écho des savanes et de Fluide Glacial. Au début, avec Gotlib et ses Dingo-dossiers, puis avec Claire Bretécher (Agrippine, Les mères, etc.) et Reiser (Gros dégueulasse), pour ensuite, jeune adulte, me retrouver avec Binet (Les Bidochon), Thiriet (Trois tiers de trio), Coyote (Litteul Kévin), Édika et d’autres que j’oublie sûrement. Des auteurs rebelles, donc, avec un côté poético-surréaliste déjanté.

Vous pouvez maintenant nous parler de votre toute dernière découverte ?

Ma récente découverte, je dois la partager en trois : Pinkerton et Poulet grain-grain, de François Samson-Dunlop et Alexandre Fontaine Rousseau, ainsi que Conventum, de Pascal Girard.

Et si on remonte dans le temps, quels ont été vos principaux coups de cœur ?

► J’ai beaucoup aimé Thiriet et ses Trois tiers de trio. Une bédé surréaliste et rigolote mettant en scène trois musiciens avec de drôles de têtes provenant de différentes planètes, qui jouent sur une place d’apparence parisienne et surréelle pour quelques francs, tout en vivant des aventures complètement déjantées.

► Il y a aussi eu les Gaston Lagaffe de Franquin. J’aimais la façon dont Franquin dépeignait cette dualité fin 60, début 70, avec ses personnages rigides (Boulier, Monsieur De Mesmaeker, Prunelle) et les autres personnages plus seventies comme Lebrac, Bertrand Labévue, Jules-de-chez-Smith-en-face...

► Marcel Gotlib avec ses Rubriques-à-brac et ses Dingodossiers que j’ai dû relire des tonnes de fois parce que je n’avais pas un sou pour acheter d’autres livres. J’aimais ce « foutage de gueule » et sa sympathique autodérision.

► À peu près toutes les Chroniques de Guy Delisle, dont Chroniques de Jérusalem ou Chroniques birmanes. J’aime la qualité du récit, qui est fait de vraies situations vécues, alors que lui et sa conjointe étaient impliqués dans des missions pour Médecins sans frontières. 

Quelle bande dessinée avez-vous l’intention de lire prochainement ? 

Aucune idée ! Je vais comme d’habitude sillonner la section bédés québécoises et regarder si un ou une de mes auteur(e)s apprécié(e)s a récemment sorti quelque chose de nouveau ou si je me risque avec un ou une nouvel(le) auteur(e). J’ai toujours sous le bras quatre ouvrages en sachant que je dois en larguer au moins deux... Décision difficile qui augmente le temps que je passe dans la boutique de livres. 

Les romans, maintenant... Est-ce que vous avez récemment lu quelque chose de bon ?

J’ai bien aimé Un petit pas pour l’homme de Stéphane Dompierre, qui me rappelle un peu mes années 90 sur la rue Saint-Laurent et ce bon vieux temps un peu incertain, mais prometteur pour un musicien d’une certaine relève qui cherche aussi qui sera sa compagne définitive.

À part celui-là, lesquels avez-vous bien aimés au cours de ces dernières années ?

► J’apprécie tout ce qu’a écrit Serge Bouchard, particulièrement Les yeux tristes de mon camion. J’aime sa façon inspirante de raconter ses histoires ou celles des autres. Il nous parle de ses souvenirs d’enfance à Pointe-aux-Trembles, de ses voyages sur la route, mais aussi de ceux qui ont couru les bois dans l’ouest. Je suis aussi un bon client de ses émissions de radio !

Tous genres confondus, quel livre a dernièrement réussi à vous captiver d’un bout à l’autre ?

Chroniques d’une station-service d’Alexandre Labruffe. On y découvre les réflexions d’un employé de station d’autoroute où défilent toutes sortes d’humains étranges, mais bien réels.

Et présentement, que lisez-vous ?

Ah ! J’ai toujours au moins trois livres sur ma table de chevet. Ça me permet de naviguer au travers des différents récits qui trottent dans ma tête pendant la journée. Cela décide ce que je vais lire le soir venu. En ce moment, il y a sur ma table L’allume-cigarette de la Chrysler noire de Serge Bouchard, Un été hippie d’Alain de Lafontaine et un autre à peine entamé, Le crime du comte Neville d’Amélie Nothomb.