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Des dizaines de milliers de canettes pour sauver nos espaces naturels

Des dizaines de milliers de canettes pour sauver nos espaces naturels
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Un Repentignois a amassé plus de 85 000 canettes et bouteilles vides depuis le début de la pandémie et compte remettre une partie de l’argent qu’il en retirera à un organisme voué à la lutte contre les changements climatiques. 

«Je n’avais plus de job au début du premier confinement, je n’avais plus rien à faire et j’ai souvent amassé des canettes durant ma jeunesse», a dit Hugo Lapointe, 23 ans, en entrevue, ajoutant qu’il s’est mis à publier sur les réseaux sociaux des messages pour récolter ces objets consignés qui peuvent lui rapporter jusqu’à 0,20 $ chaque.

Le sous-sol et le cabanon de ses parents se sont donc remplis rapidement de sacs de canettes vides, étant donné que les dépanneurs et les épiceries ne les prenaient pas au début de la pandémie.

«Il y en avait en dessous du balcon, dans le sous-sol, en arrière du BBQ, a-t-il précisé. Il ne restait même plus de place à l’épicerie locale lorsque j’allais porter ça.»

Hugo ne remplit pas sa mission seul, bénéficiant de l’aide de sa copine, Alicia Laura Methou. «Je l’aide à récupérer des sacs chez les donateurs et à transférer les canettes dans des sacs de Consignaction, ce qui peut être vraiment compliqué seul», nous a-t-elle expliqué.

Les publications d’Hugo sur les réseaux sociaux n’ont pas attiré que des dons de canettes et de bouteilles vides. Elles ont été remarquées par l’organisme international Protect Our Winters (POW) – Protégons nos hivers, en français -, créé en 2007 par le planchiste professionnel américain Jeremy Jones.

L’organisme, qui a une branche canadienne, milite pour l’adoption de «politiques qui respectent plus l’environnement», a expliqué en entrevue Émilie Grenier, coordonnatrice chez POW Canada. «On veut que les changements climatiques soient pris plus au sérieux par tous les paliers politiques (fédéral, provincial et municipal)», a-t-elle ajouté.

Le fondateur «réalisait que de plus en plus de centres de villégiature, sur lesquels il avait fait des descentes, étaient fermés en raison de l’insuffisance de neige», peut-on lire sur le site internet de POW, d’où son idée de créer l’organisme.

POW recevra donc un pourcentage des revenus qu’Hugo réalisera avec le retour de ses canettes et bouteilles consignées.

Hugo Lapointe cumule maintenant les emplois, travaillant dans une microbrasserie de Repentigny (L’Ours Brun), mais aussi comme vendeur dans l’industrie de la planche à neige. Il a donc particulièrement apprécié un cadeau reçu du fondateur de POW. «Jeremy Jones m’a même envoyé une planche à neige, a dit le jeune homme en rigolant lorsque nous lui avons parlé. Cette cause me tient à cœur parce je suis moi-même un passionné de plein air, surtout l’hiver.»

Puis, du côté de L’Ours Brun, son patron a créé une bière dont un pourcentage des ventes sera remis à POW.

Toutefois, si ses bonnes intentions sont reconnues, Hugo Lapointe déplore être parfois la cible de commentaires désobligeants sur les réseaux sociaux, à chaque fois qu’il partage une publication sur son projet. «Il y a des gens qui me traitent de BS et de quêteux, confie-t-il, ajoutant qu’il ne se laisse pas atteindre par cela. C’est facile de dire ce que l’on veut quand il n’y a personne en face de toi.»