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Gaza: le Conseil de sécurité de l'ONU toujours désuni

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Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni dimanche publiquement pour une troisième session d'urgence sur le conflit israélo-palestinien depuis une semaine, sans adoption à ce stade d'une déclaration commune ni de propositions permettant d'aboutir rapidement à une cessation des hostilités.  

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La session virtuelle a donné lieu à des diatribes réciproques récurrentes des Palestiniens et des Israéliens.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a accusé Israël de «crimes de guerre», dénonçant «l'agression» de l'État hébreu contre «le peuple» palestinien et ses «lieux saints».

«Le Hamas a choisi d'accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre» qui a été «préméditée», a rétorqué l'ambassadeur israélien aux États-Unis et à l'ONU, Gilad Erdan.

Le diplomate israélien a demandé au Conseil de sécurité de condamner les «tirs aveugles de roquettes» tandis que le ministre palestinien réclamait à l'instance «d'agir» pour arrêter l'offensive israélienne, se demandant combien il allait lui falloir de morts palestiniens pour se «scandaliser».

Parallèlement à la réunion, les 15 membres du Conseil de sécurité ont poursuivi des négociations sur un texte commun visant à appeler à la fin des hostilités et réaffirmer le projet d'une solution à deux États vivant côte à côte, Israël et la Palestine, sur la base des résolutions déjà adoptées par l'ONU.

Mais selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, les États-Unis, à la position jugée incompréhensible pour nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration commune. Depuis une semaine, Washington, isolé, a déjà rejeté deux textes proposés par trois membres du Conseil: la Norvège, la Tunisie et la Chine.

«C’est un peu étrange si l'on pense à l'attente que nous avions tous d'un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale», relève un ambassadeur sous couvert d'anonymat. «Nous avions pensé aussi que les États-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci», ajoute-t-il.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a regretté «l'obstruction» américaine pour faire adopter une déclaration.

«Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures» et «à cause de l'obstruction d'un pays», il «n'a pas été capable de parler d'une seule voix», a-t-il déploré en demandant à Washington «d'assumer ses responsabilités» à l'ONU.

Les deux premières sessions d'urgence du Conseil de sécurité s'étaient tenues à huis clos et les États-Unis, qui préféraient attendre mardi, ne voulaient pas de la réunion de ce dimanche. Leur ambassadrice à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, s'est bornée à réclamer une cessation «du cycle de violences», assurant que son pays «travaillait sans relâche pour une fin des hostilités» et «une paix durable».

En ouverture de la session, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d'«une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable» dans la région si un cessez-le-feu n'était pas rapidement imposé. «Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement», a-t-il martelé.

Un appel largement repris à leur compte par nombre de pays ayant choisi de faire participer un ministre à la session dimanche, de la Russie à la Tunisie, en passant par la Norvège ou l'Irlande, afin de marquer leur engagement diplomatique dans le conflit.

Le Niger, par la voix de son ambassadeur Abdou Abarry, a réclamé de faire «reconnaître aux Palestiniens les mêmes droits» que ceux qui sont accordés à Israël, notamment celui «de se défendre».