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Trump, les femmes et le monde à l’envers

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Photo AFP Elise Stefanik

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Les hommes n’ont qu’à bien se tenir, les femmes républicaines prennent leur place. Elles n’ont jamais été aussi nombreuses au Congrès. Elles n’ont jamais été aussi multidimensionnelles, à l’image de la société américaine. Et tout ça sans renier Donald Trump. Au contraire !

Le parti républicain a perdu, pour un temps cette semaine, ses airs de regroupement sectaire d’hommes blancs âgés. Une des plus jeunes élues républicaines à la Chambre des représentants a pris la place d’une des plus conservatrices de la délégation.

Il y a toutefois bien plus qu’un jeu de chaises musicales dans la mise à l’écart de Liz Cheney pour Elise Stefanik au sein de la hiérarchie républicaine. Revenons d’abord à novembre 2020 : autant Donald Trump a perdu et bien perdu l’élection présidentielle, autant le parti républicain s’est distingué en faisant des gains à la Chambre des représentants et en limitant ses pertes au Sénat.

Ce succès imprévu – et c’est ce qui est remarquable – tient au nombre record de femmes républicaines qui ont réussi à se faire élire : 35 candidates ont gagné leur pari, des candidates de tous genres et de toutes origines.

De très controversées à très traditionnelles

Les électeurs ont envoyé au Congrès des excentriques, telles Marjorie Taylor Greene de Géorgie et Lauren Boebert du Colorado, sympathisantes du mouvement conspirationniste QAnon.

Elles partagent toutefois l’attention avec deux filles d’immigrants cubains (Maria Salazar de Floride et Nicole Malliotakis de New York), la première Irano-Américaine élue au Congrès (Stephanie Bice de l’Oklahoma) et Mary Miller de l’Illinois, mère de sept enfants et grand-mère de 17 petits-enfants.

Les représentantes et sénatrices démocrates restent plus nombreuses, presque trois fois plus nombreuses. Sauf que le parti républicain marque des points, même dirigé par Donald Trump dont le sexisme et la misogynie ont souvent choqué.

Pour tout dire, les sondages effectués à la sortie des bureaux de vote l’an dernier ont montré que plus d’électrices blanches (+3 %), noires et hispaniques (+5 %) avaient choisi l’ancien président qu’elles l’avaient fait en 2016. En fait, loin d’être repoussées par les politiques d’immigration intransigeantes de Trump, c’est auprès des Latinas qu’il a le mieux réussi.

D’abord, de l'ordre

Une vaste étude de la firme de sondage Equis démontre que dans plusieurs États, le candidat républicain est parvenu à mobiliser les électeurs latinos qui avaient tendance à s’abstenir. Ses meilleurs gains, il les a cependant engrangés chez les femmes, possiblement, croit-on, parce qu’elles ont rejeté certains appels à gauche à couper le financement des services de police (« Defund the police »), les électrices latinas se révélant plus sensibles aux problèmes de criminalité.

Reste à voir si c’est une tendance qui se maintiendra. Cela dit, l’énergie et la conviction dont Elise Stefanik a fait preuve après avoir écarté Liz Cheney donne l’image d’un parti républicain beaucoup moins rétrograde qu’on le décrit souvent. Et cela, tout en prêtant fièrement allégeance à Donald Trump. Faut le faire ! 

Trump et l’électorat latino : un intérêt grandissant  

Le graphique met en évidence le recul et/ou la progression que les démocrates (de Clinton à Biden) et les républicains (de Trump en 2016 à Trump en 2020) ont faits au sein des communautés latinos des États-Unis. 

Comprendre la comorbidité