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Gaza: Biden veut une «désescalade» immédiate, Israël attend «le moment opportun»

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Le président américain Joe Biden a appelé à une « désescalade » dès mercredi dans le conflit israélo-palestinien, après qu’Israël a dit attendre « le moment opportun » pour cesser ses frappes sur Gaza visant à « dissuader » le Hamas de lancer de nouvelles roquettes.

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Les tirs de roquettes par les groupes armés dont le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne de Gaza, et les frappes aériennes israéliennes se sont poursuivis mais ont semblé baisser en intensité à l’heure où les tractations en coulisses s’intensifient en vue d’un cessez-le-feu.

Déclenchée le 10 mai, la flambée de violences, la plus meurtrière depuis 2014 entre Israël et le Hamas, a coûté la vie à au moins 219 Palestiniens, dont 63 enfants, selon le ministère de la Santé à Gaza. En Israël, les tirs de roquettes de Gaza ont fait 12 morts selon la police.

« Le président (américain) a indiqué au Premier ministre (israélien) qu’il s’attendait à une désescalade significative aujourd’hui vers un cessez-le-feu », a indiqué la Maison Blanche dans un bref compte-rendu d’un échange téléphonique entre Joe Biden et Benjamin Netanyahu.

Les États-Unis, qui revendiquent une approche diplomatique « discrète », ont refusé de soutenir « des actions qui sapent les efforts en faveur d’une désescalade », en réaction au projet français d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une cessation des hostilités. 

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Dans la matinée, l’armée israélienne a ciblé une tour à Jabaliya, dans la bande de Gaza, qui abritait selon elle le « département technologique » du Hamas ainsi que les secteurs de Khan Younès et de Rafah, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Un journaliste de la radio Al-Aqsa, affiliée au Hamas, Youssef Abou Hussein, a été tué par une frappe sur son domicile, selon les autorités locales et la Fédération internationale des journalistes. Il s’agit du premier journaliste tué depuis le début de la flambée de violence.

En Israël, la journée a été rythmée pour les habitants du sud du pays, limitrophe de Gaza, par les sirènes d’alarme pour alerter des tirs de roquettes en provenance de Gaza, et les sifflements du bouclier antimissiles israélien qui les intercepte. 

Sur un autre front, de nouvelles roquettes tirées du Liban ont pour la première fois atterri en Israël, mais sans faire de victimes ou de dégâts selon l’armée. Celle-ci a répliqué par des tirs d’artillerie sur des « cibles » dans le sud du Liban.

« Risque de contagion »

Après neuf jours de violences sanglantes, un responsable militaire israélien a affirmé que son pays étudiait le « moment opportun pour un cessez-le-feu », précisant que l’armée était prête à encore « plusieurs jours » de conflit.

L’armée, a-t-il ajouté à des journalistes, veut « réduire les capacités » militaires du Hamas considéré comme une organisation « terroriste » par Israël et des pays occidentaux.

« Ce que nous essayons de faire est précisément ceci: diminuer leurs capacités, leurs moyens terroristes et diminuer leur détermination », a renchéri M. Netanyahu lors d’une rencontre avec des ambassadeurs, ajoutant « n’écarter aucune possibilité » dans son offensive. 

En coulisses, une médiation menée en partie par l’Égypte, interlocuteur à la fois d’Israël et du Hamas, n’avait abouti en fin de journée à aucune avancée concrète, selon des sources diplomatiques égyptiennes. 

« Nous n’en sommes pas encore à un cessez-le-feu », ont résumé à Jérusalem deux sources diplomatiques étrangères à l’AFP, alors qu’une troisième a fait état d’un « risque de contagion » à la région qui rend encore plus « urgent » un cessez-le-feu.

Dans ce sprint diplomatique, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas est attendu jeudi à Jérusalem et à Ramallah, en Cisjordanie, territoire palestinien séparé politiquement et géographiquement de Gaza et occupé par Israël, pour des entretiens en vue d’une « désescalade ».

Dizaines de milliers de déplacés

À Gaza, micro-territoire de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans, quelque 72 000 personnes ont été déplacées et 2500 ont perdu leur maison dans les bombardements israéliens en un peu plus d’une semaine, selon l’ONU. 

Plusieurs livraisons d’aides internationales prévues mardi et mercredi ont été annulées par Israël, après des tirs palestiniens sur des points de passage vers Gaza, selon l’armée israélienne.  

Celle-ci a dit avoir ciblé dans ses derniers raids des tunnels souterrains permettant selon elle au Hamas de faire circuler ses munitions, ainsi que des maisons de commandants du mouvement. 

Le nouveau cycle de violences a éclaté après un barrage de roquettes du Hamas sur Israël tiré selon le mouvement palestinien en « solidarité » avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. 

A l’origine de ces heurts, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans un quartier de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Le conflit a touché la Cisjordanie occupée, où les affrontements se sont multipliés entre jeunes palestiniens et forces israéliennes, faisant 25 morts palestiniens depuis le 10 mai.

Et les tensions restent aussi vives dans les villes mixtes d’Israël entre Juifs et Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948, qui se disent victimes de « discrimination ».