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Expérience, oui, mais il faut plus

Oilers vs Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Le style de jeu de Josh Anderson peut aider énormément le Canadien contre les Maple Leafs.

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Les premiers indices donnent encore plus de poids aux soupçons voulant que Cole Caufield et Jesperi Kotkaniemi observeront le premier match de la série entre le Canadien et les Maple Leafs de Toronto depuis les gradins.

On préfère l’expérience de Eric Staal et de Corey Perry. On soutient que les performances de KK ne lui confèrent pas un poste au sein de la formation partante. Quant à Caufield, il débarque à peine des rangs collégiaux, insiste-t-on.

Bref, on peut soulever bien des interrogations sur la décision de rayer les deux jeunes joueurs du plan de match.

J’ai beaucoup de difficulté à accepter qu’on s’arrête trop souvent sur l’expérience. 

Certes, il ne fait aucun doute que Perry a mis son expérience à contribution au cours de la saison. Il a été un joueur influent auprès de ses coéquipiers, il a joué avec l’énergie d’une recrue et il a été de toutes les missions qu’on lui a confiées.

On respire, svp

Dans le cas de Staal, on va prendre une bonne respiration.

On l’a acquis justement parce qu’il est un joueur expérimenté qui a relevé plusieurs défis au cours de sa carrière. Sa feuille de route est intéressante. Sauf que, contrairement à Perry, il n’a pas montré qu’il possédait les mêmes ressources permettant à Perry de se démarquer. Ses résultats, depuis son arrivée à Montréal, combinés à des performances très ordinaires pour ne pas dire mauvaises à Buffalo, ne devraient pas être un point de référence pour soulever les comparaisons avec Kotkaniemi.

Il est un joueur expérimenté, personne ne le conteste. Mais peut-il encore aider une équipe strictement en raison d’un long curriculum vitae ? Perry le peut. Staal n’a pas montré qu’il le pouvait. Il insiste pour dire qu’il sait comment l’on doit se comporter durant les séries éliminatoires. 

Encore là, il a sans doute raison. Sauf qu’il y a une énorme différence entre savoir et appliquer... surtout quand on n’a plus les mêmes ressources pour appuyer son passé.

Dans le dossier Caufield, je ne comprends pas, surtout quand on mentionne que la présence de Staal ajoute encore plus de profondeur en supériorité numérique. Ducharme mentionnait ceci au sujet de Staal : « On va lui faire une place pendant ces occasions. »

Et Caufield, n’est-il justement pas le joueur qu’on convoitait pour ajouter du lustre à l’une des deux unités de supériorité numérique ? Pourquoi se montre-t-on toujours aussi conservateur au sein de cette organisation ?

Il faut savoir prendre des risques surtout avec les jeunes joueurs qui, selon les décideurs, représentent l’avenir de la concession. Les inviter à regarder le premier duel d’une ronde éliminatoire n’est sûrement pas une idée géniale.

Réflexion sur les séries

  • Le Canadien peut-il causer la surprise du premier tour en éliminant les Maple Leafs de Toronto ? Absolument. Chaque année, il y a une ou deux équipes réalisant ce qu’on croit impensable. Les Leafs, ne l’oublions pas, ont connu, au cours des dernières années, leur large part d’ennuis au premier tour des séries, surtout contre les Bruins de Boston. Qui ne se souvient pas de cette remontée par les Bruins en troisième période du match ultime ? Milan Lucic avait alors joué un rôle important en semant la crainte chez quelques joueurs des Leafs. Washington et Tom Wilson avaient aussi profité du fait que Toronto ne s’adapte que difficilement au jeu physique. Le Canadien peut-il emprunter cette avenue pour semer la confusion, le doute et surtout l’inconfort chez les Leafs ?
  • C’est une possibilité, surtout avec une équipe plus lourde et plus imposante que celle des années passées. Des joueurs comme Brendan Gallagher et Josh Anderson peuvent jouer un rôle de premier plan non seulement sur la feuille de pointage mais également sur l’aspect physique. Dominique Ducharme sait très bien que son équipe ne possède pas les ressources offensives pour rivaliser avec l’attaque des Leafs. Le Canadien devra inquiéter des joueurs comme Matthews et Marner en dérangeant leur concentration, en les éloignant de la maîtrise du disque. Aucune équipe ne peut contenir entièrement des joueurs aussi talentueux, aussi prolifiques que Matthews et Marner. D’autant moins que les deux joueurs bénéficient d’un appui inconditionnel de John Tavares et de William Nylander, deux joueurs qui évoluent sur la deuxième ligne d’attaque. Cependant, leur rendre la tâche difficile entraîne toujours une frustration quand on éloigne des joueurs super talentueux de leur zone de confort.

Une petite note 

  • Ce n’était pas la première fois que Serge Savard attirait l’attention sur le peu d’intérêt qu’accordent les décideurs du Canadien à l’embauche des joueurs évoluant dans le marché québécois. À son époque, il n’était pas question de rater un joueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec montrant les qualités requises pour réussir une carrière chez les professionnels. On ne semble pas avoir compris ce qu’exige le marché du Canadien. 

Et quand on voit des joueurs comme Yanni Gourde, Jonathan Marchessault, Alex Barré-Boulet, Philippe Myers (Rouyn-Noranda) évoluer dans la LNH sans avoir été repêchés, on comprend pourquoi on se retrouve dans une situation aussi déplorable relativement aux patineurs du Québec.