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Freiné au début de son rêve

Le club de hockey adapté créé par le père d’un jeune handicapé a dû être mis à l’arrêt à cause de la COVID

FD-Jeune hockeyeur déficite
Photo Agence QMI, Guy Martel En attendant de pouvoir rejoindre son équipe, Antoine garde la forme en jouant au hockey sur sa patinoire extérieure avec son frère, Laurent.

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Un jeune adolescent atteint d’une déficience intellectuelle légère qui réalisait enfin son rêve de jouer dans une vraie équipe de hockey a vu sa vie chamboulée, à peine deux ans après la création de celle-ci, à cause de la pandémie.

Quand on lui demande comment il a vécu la dernière année, dans l’impossibilité de jouer au hockey avec ses amis, Antoine Jennis est incapable de répondre. Pas parce qu’il ne sait pas quoi dire, mais plutôt parce que l’émotion et les larmes le submergent.

« Il est très émotif quand on parle de ça. Il trouve ça très difficile parce qu’il ne vivait que pour ça », explique Gabrielle Tousignant, la mère du jeune homme de 15 ans, maniaque de hockey.

En 2018, son père, Gaston Jennis, a mis sur pied une équipe de hockey adapté pour les jeunes avec une déficience ou un trouble du spectre de l’autisme, une histoire qui avait fait la une du Journal

Un rêve inespéré pour Antoine, qui n’avait jamais pu jouer dans une ligue organisée en raison de sa maladie, l’acidémie méthylmalonique, qui lui cause des problèmes de vision en plus d’une déficience intellectuelle légère.

La COVID a chamboulé la vie de plusieurs jeunes atteints de déficience intellectuelle, dont celle d’Antoine (à gauche sur la photo), qui avait enfin pu faire partie d’une équipe grâce à une initiative de son père.
Photo Agence QMI, Guy Martel
La COVID a chamboulé la vie de plusieurs jeunes atteints de déficience intellectuelle, dont celle d’Antoine (à gauche sur la photo), qui avait enfin pu faire partie d’une équipe grâce à une initiative de son père.

Anxiété

Mais la pandémie a coupé court au rêve de l’adolescent, juste avant le début de la deuxième saison de l’équipe. 

« Il n’a pas beaucoup d’amis à l’extérieur du hockey, donc ça a eu un impact sur son comportement, il était plus isolé. Ça lui a créé beaucoup de stress, d’être sorti de sa routine et de perdre ses repères comme ça », raconte le père du jeune homme. 

Cette situation ne surprend pas le Dr Gilles Julien, pédiatre et fondateur de la fondation du même nom.

« La pandémie a eu un impact énorme sur les jeunes dans la dernière année. On voit des conséquences majeures, notamment en termes d’anxiété. Les enfants ont été littéralement étouffés », explique-t-il.  

Par chance, M. Jennis entretient une surface glacée et une surface de dek hockey dans sa cour depuis quelques années, ce qui a au moins permis à Antoine et à son jeune frère, Laurent, de pratiquer leur sport favori.

Lueur d’espoir

Mais l’adolescent ne tient plus en place depuis qu’il a appris qu’il pourra bientôt reprendre les entraînements à l’aréna.

L’organisation Hockey Charlesbourg lui a permis de s’exercer avec l’un de ses entraîneurs dès cette semaine, mais uniquement dans sa bulle familiale. 

« C’est une première étape. On se croise les doigts pour que la vaccination qui s’accélère permette la [tenue] de la prochaine saison ! » lance Mme Tousignant.

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