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Le Canadien de Montréal: carence de fierté et de passion

Guy Lafleur (#10) dans l'uniforme des Nordiques de Qu�bec
mars 1
Photo d'archives Peut-être qu’un jour, si on a les Nordiques, il y aura une compétition à savoir laquelle des deux équipes ramènerait la coupe Stanley au Québec.

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Voilà presque une génération que le Canadien de Montréal n’a pas gagné la coupe Stanley. Et ce n’est pas près d’arriver. Il faut arrêter de rêver.

Le hockey est un sport qui n’existait pas en Afrique quand j’y vivais. Je l’ai découvert sur le tard, en 1993. Dans ma chambre d’hôtel. À Montréal.

C’était l’hiver. La télé était syntonisée sur le match Canadien-Nordiques. Mon premier match. Une stimulante rivalité dont je pris la peine d’apprendre les tenants et aboutissants par la suite.

C’est durant cette série que le Canadien de Montréal remporta sa dernière coupe Stanley. Face aux Kings de Los Angeles. Deux années plus tard, les Nordiques de Québec furent vendus aux intérêts américains à Denver, au Colorado.

Hasard ou coïncidence, depuis ce temps, le Canadien de Montréal a perdu sa flamme et s’est lentement désincarné relativement à sa population locale.

Le « membre » fantôme

En marge d’une conférence de presse la semaine dernière, le premier ministre, François Legault déplorait l’évidente absence de joueurs québécois chez le Canadien :

« Je trouve ça malheureux qu’il n’y ait pas plus de Québécois avec le Canadien. Peut-être qu’un jour, si on a les Nordiques, il y aura une compétition pour savoir qui a le plus de joueurs québécois ».

Je partage totalement cette opinion.

Et j’ajouterais à ce propos : peut-être qu’un jour, si on a les Nordiques, il y aura une compétition à savoir laquelle des deux équipes ramènerait la coupe Stanley au Québec. Alors, redevenu compétitif et gonflé d’orgueil, le Canadien se remettrait, fort probablement de nouveau, à gagner des coupes !

La réalité en face

Les dirigeants du Canadien auront beau changer d’entraîneurs comme de chemises ou renforcer l’équipe avec de nouveaux joueurs, aussi longtemps que le catalyseur, le vecteur manquant et essentiel à la dynamique et au fonctionnement du moteur de cette équipe fera défaut, il ne faudra pas rêver d’une « coupe » Stanley à Montréal, voire au Québec.

Ce catalyseur, vecteur, manquant dans l’univers d’un Canadien aspirant de nouveau à la coupe Stanley s’articule en deux mots : les Nordiques.

L’absence de joueurs québécois au sein du Canadien est certes un enjeu, car on parle ici d’une équipe du Québec sans une majorité de Québécois ! C’est incroyable !

Mais dans l’absolu, tant qu’il n’y aura qu’une seule équipe de hockey de la LNH, qui de plus est incarnée par des joueurs étrangers ne démontrant aucun attachement d’ordre affectif au Québec, l’espoir d’un retour de la coupe à Montréal demeurera un mirage.

Malgré cette carence de francophones chez le Canadien, beaucoup de Québécois se reconnaissent néanmoins dans cette équipe grâce à sa glorieuse histoire, mais certainement pas à cause de ses chapitres qui se déclinent en éclipses de saison en saison depuis 1993.