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Les tout nus de la Santé publique fédérale

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En analysant la contribution des autorités de santé publique fédérales dans cette crise sanitaire, on en vient à la conclusion qu’elles auront été largement inutiles, si ce n’est qu’elles auront carrément été une nuisance.

Non contente d’avoir ignoré tous les avertissements ayant précédé la pandémie et d’avoir fermé les yeux sur le manque d’équipement médical, la présidente de l’Agence de la santé publique du Canada, Tina Namiesniowski, a même choisi de quitter son poste 18 mois après son entrée en fonction, en pleine deuxième vague.

Non satisfaite d’avoir été aux abonnés absents chaque fois qu’il a fallu contrôler les frontières, que ce soit au tout début de la crise, avant le temps des Fêtes ou devant l’arrivée des variants, il a même fallu que la Ville de Montréal se substitue à l’Agence à l’aéroport de Dorval. 

Pas gênée d’avoir continué à dire que le Québec et la Colombie-Britannique faisaient fausse route en éloignant les deux doses de vaccin, alors même que le New England Journal of Medicine saluait cette approche avant-gardiste, l’ASPC continue de se voir comme un puits de science.

  • Écoutez la chronique de Claude Villeneuve sur QUB radio:

Probablement fière de s’être couverte de ridicule en demandant aux gens de porter un masque pour faire l’amour, Theresa Tam et sa bande de robots continuent de s’assurer d’être non seulement inutiles, mais de se mettre résolument dans le chemin de ceux qui essaient de nous sortir du trouble.

Les tout nus

Il y a quelques semaines encore, les bonzes fédéraux se trouvaient intelligents d’exhorter les Canadiens à se dépêcher de se faire vacciner, alors que la plupart d’entre eux ragent d’attendre depuis des mois pour pouvoir le faire. La Santé publique fédérale n’a pourtant jamais vu de problèmes dans le fait que le Canada n’ait pas de capacité de production vaccinale. Ça aurait pourtant aidé.

Voilà donc que nos grands promoteurs du masque quand on est tout nus ont encore une fois oublié qu’ils ne décident rien en nous annonçant qu’on ne pourrait recevoir chez nous tant que 75 % des Canadiens n’auraient pas reçu deux doses de vaccin, soit tard à l’automne prochain, ce qui a été applaudi par certains experts. 

De vrais comiques, les fédéraux. Comme si ce n’était pas les provinces qui décidaient, selon leur situation épidémiologique, très distincte l’une de l’autre. Comme si, l’an dernier, on n’avait pas récupéré le droit de se rassembler à l’intérieur au Québec le 8 juin, alors qu’il y avait cinq fois plus de morts chaque jour, deux fois plus de personnes hospitalisées et qu’on testait six fois moins. Il n’y a pourtant pas eu de tragédie quand c’est arrivé.

Déconnectés de la réalité

Évidemment, les variants commandent une vigilance accrue, mais pour penser que les gens accepteront de continuer à vivre isolés alors que la couverture vaccinale protégera déjà largement tant les plus vulnérables que le système de santé, il faut être prisonnier de sa tour d’ivoire.

Bref, la Santé publique fédérale nous montre surtout qu’il n’y a aucun lien entre ses motivations, soit son besoin bureaucratique de prétendre qu’elle sert à quelque chose, et la situation épidémiologique, c’est-à-dire la réalité.

Vraiment, ils ont manqué une maudite bonne pandémie, à l’Agence de la santé publique du Canada. Avoir passé sa vie professionnelle à se préparer pour un tel événement et rater son coup d’aussi spectaculaire façon, c’est tragique.