/news/currentevents
Navigation

Une 11e femme tuée dans un contexte de violence conjugale

Son conjoint de 35 ans a été accusé de meurtre non prémédité hier, à Montréal

Coup d'oeil sur cet article

Les féminicides s’accumulent dans la province alors qu’une mère de famille de 36 ans est devenue hier la 11e victime à mourir dans un contexte de violence conjugale.

• À lire aussi - Violence conjugale: un comité recommande de créer une nouvelle infraction 

Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault à QUB radio

 « Je ne l’ai jamais vue sans son mari, et lui il en imposait, il était intimidant. Et jamais elle ne m’a regardée dans les yeux, elle fixait toujours le sol. [...] Avec le recul, j’aurais voulu lui demander comment ça allait, mais on ne pense jamais que ça peut arriver à côté de chez soi », a laissé tomber Ailsa Pehi, une voisine de palier du couple qui résidait dans un complexe immobilier de Côte-Saint-Luc, sur l’île de Montréal.

Ariobarzan Bakthiar, 35 ans, a comparu par visioconférence hier après-midi. Il a été accusé du meurtre non prémédité de son épouse Zoleikha Bakhtiar.

Selon nos informations, la victime aurait été poignardée à mort par son mari, en pleine nuit, avant que ce dernier ne compose le 911 pour se dénoncer.

On voit des policiers montréalais sortir avec certains éléments de la scène de crime, dont une tour d’ordinateur.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
On voit des policiers montréalais sortir avec certains éléments de la scène de crime, dont une tour d’ordinateur.

Deux enfants en bas âge se trouvaient sur place lors du drame et ont été pris en charge par les autorités.

Plusieurs résidents de l’immeuble de la rue Adalbert se sont réveillés sous le choc, hier matin, en constatant l’important déploiement policier.

D’autres se sont fait tirer de leur sommeil au beau milieu de la nuit par des agents qui voulaient savoir s’ils avaient entendu quelque chose de suspect.

Cris de détresse

« J’étais endormie, mais j’ai entendu des cris de détresse, venant d’une femme. J’ai des frissons juste à y repenser. Ça semblait irréel, je pensais que c’était un mauvais rêve », a raconté Alexandrine Silga, dont le logement se trouve à l’étage inférieur de celui du couple, qu’elle ne connaissait pas.

« Quand j’ai vu aux nouvelles que ça se passait dans mon immeuble, j’ai tout de suite pensé à eux, mais après, comme je n’avais rien entendu d’inhabituel, je me suis dit que c’était impossible. Mais lorsque je suis sortie et que j’ai vu les policiers devant leur porte, j’ai tout de suite compris », a affirmé pour sa part Ailsa Pehi.

Ailsa Pehi.
Voisine
Photo Antoine Lacroix
Ailsa Pehi. Voisine

Selon elle, la victime semblait « sous l’emprise » de son conjoint et « soumise à lui ». « Je l’ai déjà entendue crier après elle. Il avait une grosse voix. Mais ce n’était jamais des conflits physiques. Sinon j’aurais appelé la police », a-t-elle ajouté.

Facteur aggravant

L’accusé pourrait rester longtemps derrière les barreaux s’il est reconnu coupable, puisque le crime aurait été commis dans un contexte de violence conjugale.

​« C’est un facteur aggravant pris en compte par les tribunaux, a expliqué la procureure de la Couronne, Me Anne-Andrée Charette. Les dossiers de meurtres et de violence conjugale sont particulièrement sensibles, il est clair que ce contexte-là nous ébranle tous. »

– Avec Maxime Deland, Agence QMI  

  • Il s’agit du 11e féminicide de l’année au Québec. Ces nombreux meurtres de femmes ont amené le gouvernement de François Legault à annoncer, en avril, quelque 223 millions $ sur cinq ans pour lutter contre la violence conjugale.  
  • Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 / consultez le sosviolenceconjugale.ca/fr   

À VOIR AUSSI