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Rassemblement illégal: saccage de chalet et 135 000$ d’amendes

De jeunes fêtards et contrevenants aux goûts de luxe n’auront pas que des bouteilles d’alcool à payer

Chalet Sainte-Béatrix
Photo courtoisie Le chalet de Sainte-Béatrix, dans Lanaudière, où 75 personnes se sont rassemblées en fin de semaine, a été laissé dans un piteux état.

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SAINTE-BÉATRIX | Les 75 jeunes fêtards qui ont reçu ce week-end un total record de 135 000 $ d’amendes pour un rassemblement illégal ont laissé un chalet de Lanaudière dans un état pitoyable.

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Dans la nuit de vendredi à samedi, la Sûreté du Québec (SQ) a fait irruption dans un chalet du chemin du Moulin, à Sainte-Béatrix.

Les agents répondaient à un appel des pompiers du secteur qui les ont avertis d’un possible rassemblement illégal à cet endroit de la région de Lanaudière.

Plusieurs dizaines de jeunes de 20 à 30 ans, provenant principalement du grand Montréal, ont alors tenté de fuir la police, de se cacher dans la cour des voisins ou encore de se barricader à l’intérieur du chalet.

Munie d’un mandat pour entrer, la SQ a remis des contraventions pour avoir enfreint des règles sanitaires, le couvre-feu et pour entrave au travail des policiers à 75 personnes. Le montant total des amendes s’est élevé à plus de 135 000 $.   

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« Dégueulasse »

Hier, Le Journal a pu constater sur place l’ampleur des dégâts qui ont été causés au chalet prévu pour 10 personnes maximum, et loué à environ 1500 $ durant la fin de semaine.

« C’était dégueulasse, a lancé un des travailleurs qui effectuaient ménage et décontamination des lieux. C’étaient des salauds qui avaient beaucoup d’argent. Il y avait des bouteilles [d’alcool] que j’ai du mal à me permettre. »

Beaucoup de bouteilles d’alcool ont été laissées sur les lieux.
Photo courtoisie
Beaucoup de bouteilles d’alcool ont été laissées sur les lieux.

Drogue, mégots de cigarettes, cendres, vomissures, excréments de chien, condoms souillés, vitre cassée, éviers et toilettes bouchés, voilà ce qu’on a pu observer en images.

La douche a été bouchée avec une substance inconnue.
Photo courtoisie
La douche a été bouchée avec une substance inconnue.

La compagnie propriétaire du chalet en question assure n’avoir rien à voir avec ce saccage.

« Le client est passé par une plateforme de location. On ne pouvait pas savoir qu’ils allaient faire un party et démolir le chalet », a souligné l’un des copropriétaires, qui préfère taire son identité par peur de représailles.  

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« L’an passé, on a eu le même genre de problème, mais dans le chalet à côté. On est persuadé que c’est pas mal la même gang. Ce sont clairement des délinquants qui s’amusent à faire ça », a-t-il poursuivi, se disant chanceux qu’un détecteur de fumée se soit déclenché.

Chalet Sainte-Béatrix
Photo courtoisie

« Ils fumaient tous à l’intérieur. On a trouvé à peu près 50 botchs de cigarettes, a-t-il dit. Ç’a sûrement sauvé plus de dommages. »

Il se dit désolé...

Celui qui a réservé le chalet et qu’on a retrouvé dit avoir du mal à s’expliquer la tournure des événements. 

Il affirme avoir invité une quinzaine d’amis pour son anniversaire, ce qui est aussi interdit, et qu’il a perdu le contrôle quand des inconnus se sont joints à la fête.

« C’était une situation pas gérable. C’est vraiment déplorable. C’était à mon nom, a soutenu l’individu. Je me demande lequel des invités a donné l’adresse comme ça. Je suis vraiment désolé. Ce n’était pas voulu. »

Les chalets prisés pour faire des rassemblements illégaux        

Le mignon chalet de Sainte-Béatrix a été laissé en piteux état, avec une tonne de vaisselle sale et de nombreux bris.
Photo Jonathan Tremblay
Le mignon chalet de Sainte-Béatrix a été laissé en piteux état, avec une tonne de vaisselle sale et de nombreux bris.

Les policiers sont appelés de plus en plus souvent à intervenir dans des chalets loués, qui sont devenus des endroits prisés par ceux qui veulent contourner les règles sanitaires et tenir des rassemblements illégaux dans des endroits discrets.

« Chaque semaine, on fait plusieurs interventions dans des chalets locatifs, souvent après avoir reçu des signalements », a indiqué le sergent Marc Tessier, porte-parole à la Sûreté du Québec.

Outre le rassemblement monstre de 75 personnes à Sainte-Béatrix, des agents ont été appelés à se rendre dans plusieurs chalets durant la fin de semaine, notamment dans les secteurs de Sainte-Adèle et de Mille-Isles. 

Plusieurs constats d’infraction, entre 1000 $ et 6000 $ chacun, ont d’ailleurs été remis.

« Plus de 30 rapports d’infraction généraux seront produits pour la MRC des Pays-d’en-Haut, dont pour le secteur de Sainte-Adèle, alors que 80 seront rédigés pour le secteur de Mille-Isles », a précisé le sergent Tessier.

Devant la hausse de rassemblements, les policiers vont d’ailleurs patrouiller davantage dans les secteurs problématiques pour tenter de prévenir des situations illégales, ajoute-t-il. 

Coin tranquille

Une propriétaire d’un chalet à Sainte-Béatrix a expliqué au Journal qu’il arrive que des personnes prétendent louer pour seulement quelques invités, alors qu’en réalité ils sont bien plus nombreux. 

Des voisins du secteur ont, de leur côté, confié vouloir entamer des démarches pour s’assurer que de tels incidents ne se produisent plus dans leur coin, censé être tranquille.

« Ça commence à jaser. On est un petit peu tanné. [...] Ça fait plein de va-et-vient sur le chemin, soutient un homme qui a préféré ne pas se nommer pour ne pas entrer en conflit avec des propriétaires de chalets. On vient ici pour se reposer. Ce n’est pas reposant vraiment. »

Prendre des mesures

« Ça fait ordinaire pas mal. D’habitude, ils louent ça à 5-6 personnes. Mais tu ne sais pas à qui tu loues, dit un autre résident. On pense à prendre des démarches pour qu’ils s’assurent à qui ils louent leurs chalets. »

De son côté, le maire de Sainte-Béatrix a dit d’autant plus déplorer les débordements qui ont eu lieu la fin de semaine dernière qu’il n’y a presque pas de cas de COVID-19 dans sa région.

« Ils vont devoir assumer les conséquences de leurs gestes. C’est vraiment dommage ce qui s’est passé. Je comprends que les jeunes veulent se rassembler, ce n’est pas facile pour eux, mais on ne peut tout simplement pas faire ça », laisse tomber Serge Perrault. 

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