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Un tunnel pour couvrir trois élections

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C’est un secret vieux comme le monde. Pour alimenter des campagnes électorales, rien de mieux que de promettre un bout de chemin.

Autoroute, ligne de métro, nouveau pont, tramway ou tunnel, tous les projets sont bons, pourvu qu’ils fassent rêver les électeurs et qu’ils nécessitent beaucoup de temps pour être réalisés.

Un projet, trois élections

En dévoilant les plans du troisième lien, renommé « Tunnel Québec-Lévis » pour l’occasion, François Legault vient confirmer son intention de livrer l’une de ses promesses phares de la dernière élection. Une promesse qui sera au cœur de la campagne de 2022 (si vous voulez votre projet, vous devez voter pour nous) et qui, si la CAQ est portée à nouveau au pouvoir, sera le moteur de sa campagne de 2026 (n’arrêtons pas en chemin, le projet avance si bien).

Il y en a eu des méandres où naviguer, pour accoucher du troisième lien si cher aux électeurs de Lévis et de l’est du Québec. Souvenons-nous qu’un tracé à l’est a rapidement été imposé par le gouvernement et qu’on a même parlé de tunnel sous l’île d’Orléans avant de se raviser.

Aujourd’hui, le projet est estimé à près de 10 milliards si l’on considère les frais de financement et les réserves de contingence.

Mais avions-nous besoin d’un 3e lien ?

Les projections du gouvernement indiquent qu’entre 50 000 et 55 000 véhicules emprunteront le tunnel une fois complété. Pour « gérer », toutes ces voitures, il faut donc revoir toutes les autres voies de circulation, voies que s’empresseront d’utiliser d’autres automobilistes... 

N’était-ce pas Catherine Dorion, de Québec solidaire, qui, parlant de la dépendance à l’automobile, comparait le 3e lien à « une grosse ligne de coke » ? 

Pendant ce temps, le projet de transport structurant a été sévèrement amputé pour éviter des dépassements de coûts. Coupe d’un côté, augmente les dépenses de l’autre, on sait à qui veut plaire le gouvernement.