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Israël, la Palestine: des guerres en chaîne?

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C’est Benjamin Netanyahu qui, seul, va décider du cessez-le-feu dans la brutale et cruelle phase actuelle de la « guerre de Cent Ans » qui oppose Israéliens et Palestiniens.

Il jouit de l’appui inconditionnel et sans défaillance de la première puissance économique et militaire de la planète.

Comme dans les plus récents cycles de ce conflit (2000, 2007, 2014), Israël peut faire un pied de nez à la communauté internationale et agir avec impunité, protégé par le véto américain au Conseil de sécurité de l’ONU. Dans le conflit Israël-Palestine, Biden, pour l’essentiel, a la même politique que Trump. 

Mais il l’applique avec plus de discrétion et de subtilité. Juste avant le début de la crise, il a approuvé la vente de 735 millions de dollars de missiles de précision à Israël.

Les promesses démocrates aux Arabes jamais tenues

Obama avait promis au Caire, en 2009, un nouveau départ au monde arabo-musulman. Il s’était engagé à faire cesser l’expansion des colonies de peuplement juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, mais, après avoir été rappelé à l’ordre par Netanyahu et l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), il s’est renié. L’AIPAC est un des lobbys les plus puissants de Washington qui contribue au financement électoral des républicains comme des démocrates.

L’affrontement israélo-palestinien actuel a pour origine l’expulsion de familles palestiniennes de Jérusalem-Est pour faire place à des colons juifs. Ignorant le droit international, Israël a installé quelque 500 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem, conquis durant la guerre de Six Jours de 1967. Les colonies de peuplement juives couvrent maintenant 40 % de la Cisjordanie.

Le fait incontournable est que d’ici moins de 30 ans, les musulmans vont être deux fois plus nombreux que les juifs sur le territoire du Grand Israël de la droite religieuse israélienne, qui s’étend de la Méditerranée au Jourdain. 

Afin de rester un État juif, Israël devra-t-il restreindre le droit de vote des Palestiniens et devenir un État apartheid ? Un choix existentiel qui va inévitablement se poser.

Deux États vivant côte à côte, un impossible rêve

Le rêve de créer, sur ce territoire, deux États, l’un juif et l’autre palestinien, est irréalisable. Comment deux entités étatiques indépendantes pourraient-elles coexister dans un enchevêtrement d’enclaves aux statuts multiformes et dans un empêtrement de juridictions ? 

La création de deux États viables impliquerait donc d’importants transferts de population qui sont tout aussi impossibles, compte tenu des animosités séculaires, d’ailleurs revivifiées par le présent conflit. Jamais les colons juifs de Cisjordanie, souvent des extrémistes religieux, ne vont accepter de se replier en Israël sans y être contraints par la force. Loin de s’atténuer, les difficultés de coexistence entre Juifs et Arabes ne vont que continuer à s’accentuer.

Les décennies qui viennent en Israël-Palestine vont être marquées par la répétition de sanglantes tragédies, comme celle que nous vivons actuellement, amplifiées à chaque ronde par le recours à des armes plus létales et des haines toujours plus inexpiables. Et de plus, l’un de ces futurs conflits pourrait embraser toute la région.