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Travailleurs étrangers: Jean Boulet, accuse Ottawa « de dormir au gaz »

Le gouvernement du Québec affirme avoir proposé un projet-pilote de deux ans destiné à accélérer la cadence du recrutement des travailleurs étrangers temporaires.
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le gouvernement du Québec affirme avoir proposé un projet-pilote de deux ans destiné à accélérer la cadence du recrutement des travailleurs étrangers temporaires.

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Le ministre du Travail, Jean Boulet, accuse Ottawa « de dormir au gaz » depuis des années dans le dossier des travailleurs étrangers temporaires (TET) et se dit prêt à rapatrier ce programme au Québec s’il le faut.

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« Depuis mon assermentation, j’ai eu des discussions, des rencontres, j’ai travaillé avec mes collègues [...], mais quand vient le temps d’agir, c’est là qu’Ottawa dort au gaz », a confié en entrevue au Journal Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité (MTES).

Transformation alimentaire, manufacturier, tourisme... alors que nos entreprises peinent à recruter leur main-d’œuvre, la complexité du programme fédéral vient mettre des bâtons dans les roues des PME, déplore le ministre. 

Prêt à rapatrier le programme

« On est même prêt à s’en occuper, du programme des travailleurs étrangers temporaires (TET), et le rapatrier au Québec », ajoute-t-il au bout du fil.

D’après Jean Boulet, Ottawa devrait simplifier au plus vite les demandes et assouplir le seuil de 10 % du programme des travailleurs étrangers temporaires (TET) pour permettre aux entreprises de recourir plus à ces travailleurs.

« C’est vraiment urgent », insiste-t-il. 

Près d’une entreprise sur deux refuse des contrats en raison du manque de main-d’œuvre, selon un sondage du Conseil du patronat (CPQ) d’avril dernier.

Plus de 42,8 % des patrons d’entreprise estiment que l’immigration peut être la solution, bien avant la formation (30 %), l’innovation et la robotisation (14,9 %) et le recours aux bassins non traditionnels de travailleurs (12,3 %).

« Long », « coûteux », « compliqué »... le ministre québécois du Travail ne mâche pas ses mots à l’endroit du programme actuel, qui ne remplirait pas ses promesses selon lui. « Ça n’a pas de bon sens », laisse-t-il tomber.

« Il y a beaucoup de PME au Québec qui n’ont pas de département de ressources humaines et qui sont rendues à consulter des conseillers juridiques et des experts en immigration temporaire. Ça ne marche pas », illustre-t-il.

Au cabinet, on donne l’exemple de l’agroalimentaire, qui avait besoin de 1555 personnes en agriculture et 3295 en transformation, il y a deux ans, et qui verrait ses ventes exploser avec un meilleur accès à ce bassin d’employés.

« C’est important pour moi aujourd’hui, d’interpeller directement Ottawa. Je sens que ce n’est pas une priorité à Ottawa », conclut Jean Boulet. 

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