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Première vague: le milieu communautaire a dû se concentrer sur les services de base

GEN-COVID-19
PHOTO COURTOISIE/Projaide

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Une étude révèle que les organismes communautaires québécois ont dû se concentrer majoritairement à répondre aux besoins de base de leurs différentes clientèles durant la première vague de la pandémie de COVID-19, négligeant ainsi d’autres missions capitales.  

Quelque 740 organismes et regroupements d’action communautaire autonome (ACA) ont été sondés dans le cadre de l’étude intitulée «Effets de la crise sanitaire sur le milieu communautaire – Portrait de la situation pour les organismes du Québec», menée par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Selon les résultats dévoilés jeudi, les services directs ont ainsi crû de façon importante, les groupes ayant «surtout augmenté le travail d’accueil et de référence et de dépannage alimentaire», a-t-on précisé dans le document de 64 pages, ce qui a entraîné un ralentissement non négligeable d’autres activités pourtant jugées «essentielles». Ainsi, 96,7 % des organismes ont renoncé à leurs activités de financement pour se concentrer sur l’essentiel, 84,9 % ayant fait moins de mobilisation sociale et 70,9 % ayant réalisé moins de représentation.

Soulignons qu’un peu plus de la moitié des activités ont été menées à distance, engendrant des enjeux pour les clientèles et les travailleurs du milieu n’ayant pas accès à internet ou à un service fiable.

«Depuis le début de la pandémie, les groupes se sont beaucoup rabattus sur le fait d’offrir des services d’urgence. Ça se fait aux dépens de la mobilisation sociale et des conditions de vie des travailleurs et des travailleuses et des bénévoles du communautaire», a indiqué Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS et coautrice de l’étude.

Selon elle, les ressources humaines se font plus rares qu’avant, ce qui ajoute au «sous-financement chronique» du milieu communautaire.

«Pour 71,7 % des organismes, il y a même une forme d’exode des personnes militantes et bénévoles, alors que leur nombre a diminué pendant la première vague. Malgré tout, le communautaire répond aux besoins alors que l’État n’était pas en mesure de le faire», a ajouté Mme Couturier.

En dépit des problèmes de financement, 48,2 % des organismes communautaires jugent être dans une bonne posture financière et 69,7 % croient que leur capacité d’action sera importante d’ici la fin de 2021. Enfin, 16,8 % des organisations sondées soutiennent qu’ils sont dans une situation précaire et 6,8 % pourraient même être contraintes d’éventuellement cesser leurs opérations.

Aussi, 67,9 % des organismes communautaires évoquent une surcharge de travail pour leur personnel, 69,1 % un sentiment d’accomplissement plus difficile à atteindre et 65,5 % un équilibre travail-famille précaire.

Le milieu communautaire, malgré tous les défis auxquels il fait face, est en meilleure position au Québec, selon l’étude, qui évoque le financement à la mission.

«La pandémie, c’est un révélateur aussi pour le monde communautaire. La bonne nouvelle, c’est qu’on se rend compte que la structure est plus solide qu’ailleurs. La mauvaise, c’est l’impact sur les travailleurs et les travailleuses. D’un côté, le financement à la mission permet une stabilité et une récurrence et dégage les organismes prestataires de devoir conformer leurs activités aux priorités ponctuelles et politiques des gouvernements. De l’autre, on a des travailleuses épuisées qui ressentent une perte de sens au travail et peinent à composer avec une charge très grande», a expliqué Maxim Fortin, chercheur à l’IRIS et coauteur de l’étude.

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