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Un petit salaire et la crise sanitaire ont raison de sa santé financière

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Commis dans une usine de production depuis 20 ans, Marie-Andrée gagne un petit salaire. Pour parvenir à joindre les deux bouts, elle travaille chaque semaine 5 à 10 heures supplémentaires. Mais la crise sanitaire fait basculer cet équilibre précaire.

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Marie-Andrée, 47 ans, est célibataire et sans enfant. En plus de son horaire de travail régulier, elle compte sur les heures supplémentaires pour améliorer sa paye. Jusqu’à l’an dernier, elle avait réussi à tirer son épingle du jeu et était même parvenue à mettre de côté 10 000 $ dans ses REER.

Son existence est toutefois bouleversée lorsque son employeur annonce au début de la pandémie qu’en raison de la forte réduction des commandes, les heures supplémentaires sont abolies. Marie-Andrée réagit rapidement : elle revoit son budget, réduit ou supprime les dépenses là où c’est possible. Malgré ses efforts, elle ne réussit pas à boucler ses fins de mois sans le surplus de revenus que lui offraient les heures supplémentaires. Elle commence donc à utiliser ses cartes de crédit pour payer ses dépenses de base. Quand soudain, la nouvelle tombe comme une bombe : son employeur abolit son poste de façon définitive. La survie de l’entreprise est menacée et une importante restructuration est nécessaire. Résultat, Marie-Andrée reçoit la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et part en quête d’un nouvel emploi.

Dans une impasse

La recherche d’un nouveau travail n’est pas chose aisée pour Marie-Andrée. Elle a interrompu sa scolarité relativement tôt et manque de formation. Qui plus est, en pleine crise sanitaire et alors qu’un grand nombre de commerces sont fermés, les postes ne courent pas les rues. Grâce à la PCU, elle parvient à payer l’essentiel, mais le remboursement de ses cartes de crédit commence à peser lourd dans son budget, puisqu’elle a progressivement accumulé des soldes de plus de 19 300 $. Les montants augmentent rapidement à cause des taux d’intérêt de près de 20 %. Très vite, elle n’est plus en mesure d’effectuer les paiements mensuels minimums de 344 $. 

Pour pouvoir continuer à honorer ses dettes, elle encaisse ses REER, espérant que cela lui permettra de faire la transition d’ici à ce qu’elle déniche un travail. Mais lorsqu’on décaisse ses REER, l’impôt en prélève une bonne partie, ce qui vient réduire sa marge de manœuvre. 

Arrivée au terme de ses versements de PCU, elle a aussi utilisé toutes ses économies. Pour réduire encore davantage ses dépenses, elle aménage chez son frère. Incapable d’effectuer ses versements sur ses cartes de crédit, les créanciers commencent à l’appeler régulièrement et désormais elle craint de répondre au téléphone. Au bout du rouleau, elle décide de consulter une firme de syndic autorisé en insolvabilité.

Seule solution : la faillite

Caroline Paquin, la conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot qui analyse le dossier de Marie-Andrée, constate d’entrée de jeu que la proposition de consommateur n’est pas une option dans son cas. « Elle n’a pas de revenu et ne sera probablement pas en mesure de payer l’offre de remboursement qui sera faite à ses créanciers. La seule possibilité est donc la faillite », explique-t-elle.

En acceptant cette solution, Marie-Andrée bénéficie aussitôt de la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Désormais, le syndic se charge de communiquer directement avec ses créanciers et le harcèlement téléphonique cesse immédiatement. Elle doit verser un montant qui tient compte de ses capacités financières pendant neuf mois au syndic, puis elle sera libérée de sa faillite et de ses dettes de cartes de crédit. Cependant, son dossier de crédit sera lourdement entaché et affichera la cote R-9 durant sept ans après la faillite.

Caroline Paquin souligne que les REER ne sont pas saisissables dans le cadre d’une faillite, sauf les cotisations des 12 derniers mois. « Avant de commencer à encaisser des économies effectuées en vue de la retraite, et ce, uniquement pour payer le minimum mensuel sur ses cartes de crédit, il est préférable de consulter un syndic autorisé en insolvabilité pour explorer d’autres options », dit-elle.

Sa situation financière  

Actifs  

  • Aucun ; encaissement des REER (10 000 $) durant la dernière année        

Dettes de consommation  

  • Cartes de crédit : 19 373 $
    TOTAL DES DETTES DE CONSOMMATION : 19 373 $   

Revenus mensuels  

  • 2000 $ de PCU        

Dépenses mensuelles  

  • 2356 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, épicerie, transport en commun et paiement minimum des cartes de crédit)     

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