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Des inquiétudes ailleurs dans le monde

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Des fibres d’amiante ont été détectées dans l’eau potable dans plusieurs pays du monde, ce qui force les autorités à distribuer de l’eau en attendant le remplacement des canalisations à fort coût.

Norvège  

Les canalisations d’eau en amiante-ciment des phares norvégiens sont mises en cause dans l’incidence de cancers gastro-intestinaux chez les gardiens de phare.
Photo Adobe Stock
Les canalisations d’eau en amiante-ciment des phares norvégiens sont mises en cause dans l’incidence de cancers gastro-intestinaux chez les gardiens de phare.

En 2005, une étude réalisée auprès de 726 gardiens de phare en Norvège est venue « étayer l’hypothèse d’un risque associé à l’amiante contenu dans l’eau potable », indique le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans un rapport publié en août 2020. 

Les canalisations d’eau potable des phares étaient en amiante-ciment et avaient été endommagées par les bombardements lors de la Deuxième Guerre mondiale. Les gardiens qui avaient bu l’eau entre 1917 et 1967 ont été suivis de 1960 à 2002. 

« Les résultats soutiennent l’hypothèse d’une association entre l’amiante ingéré et le risque de cancer gastro-intestinal en général et le risque de cancer de l’estomac en particulier », selon l’étude. 

Les concentrations d’amiante étudiées étaient cependant extrêmement élevées (1 800 à 71 000 MFL), soit bien loin de celles retrouvées dans quatre villes du Québec (220 MFL) dans une étude datée de 1981.  

  • Écoutez la journaliste Anne-Caroline Desplanques ici   

Texas  

En 2016, la petite ville de Devine, au Texas, a détecté des fibres d’amiante dans ses conduites d’eau potables. Les mesures dépassaient la norme de 7 millions de fibres d’amiante (MFL) et variaient entre 14 et 44 MFL. 

L’année suivante, toujours au Texas, des fibres d’amiante ont été retrouvées dans l’eau de la municipalité de Arp et dépassaient aussi la norme (13 MFL). 

Le département de la santé publique du Texas indique que dans certaines régions où les résidents sont exposés aux fibres d’amiante dans l’eau potable, les cancers de l’œsophage, de l’estomac et de l’intestin « peuvent être plus préoccupants ».

 

États-Unis  

Les États-Unis ont établi une norme pour l’amiante dans l’eau potable en 1985, dans la foulée d’un procès médiatisé contre une minière qui déversait des déchets dans le lac Supérieur.

La norme est de 7 millions de fibres d’amiante (d’une longueur de plus de 10 micromètres) par litre d’eau. Un micromètre correspond à un millième de milimètre. D’après l’agence de la protection environnementale américaine, l’ingestion de fibres d’amiante augmentait le risque de polypes intestinaux.

Nouvelle-Zélande  

Ce filtre bouché d’un arroseur de jardin à Temuka, en Nouvelle-Zélande, aurait été bouché par des fibres d’amiante.
Photo Doug Field, Timaru Herald
Ce filtre bouché d’un arroseur de jardin à Temuka, en Nouvelle-Zélande, aurait été bouché par des fibres d’amiante.

Plusieurs villes de la Nouvelle-Zélande sont aux prises avec des bris prématurés de canalisations d’eau potable. Une grande partie est en amiante-ciment. 

Les autorités sont préoccupées, car ces tuyaux doivent être remplacés 50 ans plus tôt que prévu. Les coûts des travaux se chiffrent en milliards de dollars et plusieurs petites villes ne savent pas comment financer les chantiers. 

À Temuka, le remplacement d’une conduite de 9 kilomètres a coûté 3 millions de dollars néo-zélandais [2,6 M$ canadien] tandis que les 48 000 habitants de Porirua écopent pour leur part d’une facture de 1,8 milliard [1,5 G$ canadien].

Saskatchewan et Alberta  

À Régina, en Saskatchewan, environ 60 % des conduites d’eau potable sont en amiante-ciment. Depuis 2016, la Ville teste l’eau pour y détecter la présence de fibres. Des fibres ont été détectées en 2016, 2017 et 2018, mais pas en 2019.

À Edmonton, le pourcentage de conduites construites avec de l’amiante est de 25 %. La capitale de l’Alberta a commencé à tester ses conduites en 2018, mais n’a pas détecté de fibres jusqu’à présent, d’après un reportage du Regina Leader Post daté de l’automne 2020.

France  

En France, le Haut Conseil de la santé publique a déclaré dès 1997 que « la population générale est potentiellement exposée à l’amiante par l’ingestion de l’eau du réseau de distribution ». 

Il précisait alors que l’amiante peut se retrouver dans l’eau potable à cause du « relargage des fibres contenues dans les canalisations en amiante-ciment ». L’organisme appelait donc à « dresser un état des lieux des canalisations et des ouvrages de distribution en eaux en amiante-ciment » et à « mettre en place une surveillance régulière de la teneur en amiante des eaux de distribution ».

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