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D’ex-préposée aux manèges à présidente de La Ronde

La nouvelle patronne du parc d’attractions a gravi les échelons depuis 31 ans

Sophie Emond
Photo Chantal Poirier La nouvelle présidente de La Ronde, Sophie Emond.

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À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine.


Le premier manège que Sophie Emond a opéré en 1990, lorsqu’elle avait 17 ans, c’était le Boomerang. Il allait de soi que je commence l’entrevue dans cette montagne russe à deux boucles complètes où l’on file en vrombissant jusqu’à l’extrémité opposée du rail spiralé avant de revenir (à reculons !) à son point de départ. 

« Je venais à La Ronde pour mes anniversaires d’enfant parce que j’adorais les manèges, raconte-t-elle. Adolescente, je me tenais ici, l’été, avec mes copines. À ma première année de cégep, j’ai postulé, j’ai eu l’emploi et, comme tu peux le voir, je suis encore là, 31 ans plus tard ! »

C’est une première saison comme présidente pour celle qui a été auparavant la directrice des opérations pendant une dizaine d’années. 

« Lorsque la compagnie Six Flags a acheté La Ronde en 2001, j’ai commencé à y travailler à temps plein et à étudier la gestion pour évoluer dans l’entreprise. »

Rotor, Palais des glaces, Ovni... 

Lors de ses premiers étés à La Ronde, il y avait, depuis peu, un festival de feux d’artifice, commandité par une marque de cigarettes, et des concerts « Laurentides Rock » dans le Jardin des Étoiles.

« Le paysage a beaucoup changé. Par exemple, ici c’était le Palais des Glaces, le Discoronde était dans ce coin-ci, les autos tamponneuses dans l’autre coin », m’indique la présidente en pointant certains endroits pour me guider sur le terrain du parc d’attractions après nos trois tours de Boomerang.

Parmi les fantômes célèbres opérés par Mme Emond : le Rotor (un tube rotatif qui tournait assez vite pour que la force centrifuge retienne les visiteurs à la paroi du mur lorsque le plancher s’abaissait), le téléphérique, l’Ovni, le Tapis volant et, bien entendu, la regrettée Pitoune. 

« Malgré ces changements, la sensation que j’ai, si je marche dans le parc quand la clientèle est là, est la même. La folie ou l’effervescence est la même en 2021 qu’en 1990. »

Amitiés durables

La pandémie a grugé les finances, alors n’attendons pas une rafale de nouveautés coûteuses. Mme Emond veut plutôt redonner au parc son lustre perdu en revampant certains lieux défraîchis et elle espère accroître le débit de services afin de diminuer le temps d’attente ; puisse-t-elle tenir parole ! Pour cette femme qui joue un rôle important pour les souvenirs de jeunesse de milliers d’actuels enfants et adolescents du Québec, c’est fascinant de songer que l’aventure entreprise en 1990 n’a jamais pris fin.

« J’ai plusieurs amis rencontrés ici, adolescente, que je n’ai jamais perdus de vue. »

Il y a 30 ans comme aujourd’hui, les préposés font de longues journées et passent presque plus de temps ici avec leurs collègues qu’avec leur famille. 

« Une fois qu’on rentre ici et qu’on est accrochés, on n’est plus capables de repartir ! »