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Importation de chiots: De nouvelles règles... enfin

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Photo Adobe Stock

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Depuis samedi dernier, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a de nouvelles exigences pour l’importation commerciale de chiens âgés de moins de 8 mois destinés à la reproduction et à la revente, ce qui inclut les ventes pour adoption. C’est sans aucun doute un pas dans la bonne direction. Cependant, c’est loin d’être parfait pour bien protéger à la fois le public et les animaux au pays. 

Le 13 juin dernier, un vol d’Ukraine International Airlines transportant 559 chiots est arrivé à Toronto en provenance de Kiev. De ce nombre, 38 chiots, des bouledogues français très populaires au Canada, étaient morts à l’arrivée tandis que plusieurs autres étaient en très mauvaise santé et souffraient de déshydratation, selon l’ACIA qui a mené une enquête. 

Doit-on rappeler que depuis le début de la pandémie, tout le monde semble vouloir un chien, maintenant et tout de suite ? Eh bien, voilà le prix à payer ! Il aura malheureusement fallu une tragédie comme celle-là pour que les choses se mettent à bouger et que les exigences d’importation de chiots se resserrent un peu au pays, 11 mois plus tard. 

Quelques nouveautés

Voici quelques-unes des nouvelles exigences. Dorénavant, le permis d’importation n’autorise qu’une seule entrée au Canada pour un nombre prédéterminé de chiens et non plus plusieurs entrées d’un nombre indéterminé de chiens. Les chiots devront être vaccinés contre la rage 28 jours avant l’exportation vers le Canada, donc ils devront être âgés d’au moins 16 semaines à ce moment. Ils devront aussi être traités contre les parasites internes et externes. Les importateurs devront communiquer avec l’ACIA pour prévoir leur inspection avant que les chiots ne quittent le pays d’origine et devront aussi disposer d’une installation de quarantaine qui aura été préapprouvée par l’ACIA. 

« C’est un début. Un pas dans la bonne direction », commente la Dre Enid Stiles, médecin vétérinaire et présidente de l’Association canadienne des médecins vétérinaires, qui demande d’ailleurs des modifications aux règles d’importation de chiens depuis 2014. Toutes ces exigences vont sans aucun doute compliquer la vie des importateurs sans scrupule qui s’approvisionnent dans des usines à chiots à l’étranger et qui ne visent que le profit. 

En effet, c’est une bonne chose, mais c’est loin d’être parfait. Il y a matière à amélioration. Nous aurions assurément besoin d’un filet de sécurité plus grand relativement aux maladies qui peuvent, elles aussi, être « importées » en sol canadien par le biais des chiens et qui peuvent se transmettre aux autres animaux et parfois même aux humains. 

insuffisant

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) juge aussi que ces mesures de contrôle demeurent « insuffisantes », commente le Dr Gaston Rioux, président de l’OMVQ. Ce qui préoccupe principalement, ce sont les enjeux de santé publique et animale. En effet, depuis plusieurs mois, on note des éclosions de maladies canines qui étaient auparavant contrôlées. L’adoption effrénée de chiens n’y est pas étrangère. Récemment, un cas de leishmaniose, une maladie parasitaire transmise par les moustiques dans les pays chauds, a été détecté chez un chien au Québec. « C’est extrêmement préoccupant en raison de la gravité de la maladie et du risque qu’elle représente pour les humains. »


https://inspection.canada.ca/sante-des-animaux/animaux-terrestres/fra/1300386686425/1300387824030