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Le F-35: un canard boiteux inapte au vol

Le F-35: un canard boiteux inapte au vol
AFP

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Le Canada s’apprête à accorder le contrat militaire le plus important de son histoire pour remplacer notre flotte d’intercepteurs CF-18, qui date d’une quarantaine d’années. L'attribution du contrat est prévue l'année prochaine, les premiers appareils commenceraient à être livrés en 2025. 

Ottawa veut acheter 88 avions pour de 15 à 19 milliards de dollars canadiens. Mais le coût total pour le cycle de vie complet de l’appareil pourrait être quatre fois cette somme, soit dépasser 77 milliards de dollars. Ottawa évalue les propositions de Lockheed Martin (F-35 Lightning II), de Boeing (F/A-18E/F Super Hornet) et de la Suédoise Saab (Gripen E). 

L’avion qu’Ottawa semble privilégier, le F-35, est un canard boiteux, une dinde volante, un albatros. Au cours des derniers mois, l'accumulation des problèmes du programme F-35 confirme qu’après vingt ans de développement, ce Jet est un échec pathétique.

De nombreux rapports d’experts affirment que le F-35 ne pourra jamais répondre aux attentes élevées envers lui. On signale même que des hauts gradés de l’US Air Force commencent à perdre confiance dans l’appareil. Ainsi, le moteur de l’avion connaît des problèmes qui pourraient immobiliser au sol 43% de la flotte américaine de F-35 – soit environ 800 avions – d'ici 2030.

Le Pentagone est le seul à blâmer pour la catastrophe. Il voulait que la cellule d’un même aéronef puisse décoller verticalement et s’arrêter en vol tout en ayant la capacité de vol supersonique furtif. Et aussi d’atterrir sur des porte-avions. Mission impossible. 

Pour Justin Trudeau, choisir le F-35, ce serait un reniement. Il a déclaré, lors de la campagne électorale de 2015, qu'il abandonnerait l'achat d'avions F-35 s’il devenait premier ministre. Mais se retirer du programme F-35 coûterait au Canada 313 millions de dollars. En 2006, Ottawa s’était engagé à verser 551 millions de dollars au projet.

Espérons que le Canada n’opte pas pour le F-35. Voici pourquoi.

La décision d’Ottawa d’acheter des F-35 démontrerait son intention d’avoir la capacité de s’engager militairement aux côtés des Américains partout dans le monde.

Les États-Unis s’attendent à ce que, comme ses autres alliés, le Canada se dote de F-35, qui offrent une compatibilité logicielle et matérielle intégrale avec l’aviation américaine, faisant de notre aviation la force aérienne auxiliaire des États-Unis.

Ces avions ne sont pas nécessaires pour la défense du Canada. Le F-35 n’est pas un appareil destiné à assurer la défense aérienne de notre territoire. Ce n’est pas un intercepteur, c’est un avion d’attaque. Sa technologie furtive est conçue pour lui donner un avantage décisif dans des missions de première frappe dans la phase initiale d’une guerre.

On n’a pas besoin de F-35, à moins de vouloir s’associer aux aventures guerrières américaines des prochaines décennies, quand Washington va mener les combats d’arrière-garde inévitables des empires universels en déclin.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un véritable intercepteur pour succéder au F-18 dans son rôle de défense aérienne du territoire. Et on peut encore différer de plusieurs années le choix d’un appareil pour ce faire. Le Canada vient d’acquérir 25 F-18 australiens d’occasion pour ajouter à sa flotte de CF-18. Excellente idée.

Les F-35 américains étaient déjà obsolètes avant même d’avoir fait leur premier vol: les jours des avions avec des pilotes à bord sont comptés. L’avenir de l’aviation militaire est du côté des avions-robots, des drones. 

Pourquoi ne pas voir si l’on peut effectuer des mises à jour technologiques pour conserver nos CF-18 actuels en attendant la mise au point des futurs drones intercepteurs?

Mais vous allez dire qu’on risque alors d’être déclassés technologiquement par nos adversaires potentiels. Les Russes, par exemple?

Leurs bombardiers, qui patrouillent au large de nos côtes depuis des décennies, ne sont pas près d’être mis à la retraite. La Russie a décidé de maintenir ses antiques TU-95 à hélices en activité jusqu’à l’horizon des années 2040, alors qu’ils seront centenaires. Nos CF-18 auraient alors à peine 60 ans!