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L’état de vos finances au sortir de la pandémie

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Illustration Adobe Stock

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Maintenant qu’on a annoncé la levée progressive des mesures sanitaires et un retour à la vie normale à l’automne, je ne vois pas ce qui peut se mettre en travers de ce processus de libération. 

On peut envisager « l’après ». 

Sous l’angle financier, l’onde de choc se répercutera pour certains bien au-delà de leur deuxième dose de vaccin. Mais tout le monde ne ressort pas de là le portefeuille meurtri. La pandémie a été pour plusieurs l’occasion de changer de vie (et de ville), d’améliorer leurs finances et même de s’enrichir. 

Comment se présente la suite ? 

Soubresaut d’épargne 

Plus d’un an à rester chez soi à cuisiner ses repas, à dévorer des séries télé et à réduire d’un cran la coquetterie a permis à de nombreux ménages de redorer leur situation financière et d’amasser ce coussin qui, jusqu’alors, appartenait aux fantasmes. 

On ne l’avait pas vue venir, celle-là, mais le taux d’épargne a grimpé durant la dernière année. Les programmes d’aide financière déployés par Ottawa y ont certainement contribué, mais ce n’est probablement pas la principale raison. Les consommateurs ont été limités dans leurs dépenses discrétionnaires (lire « plaisir ») et ont pu épargner sur des postes budgétaires comme l’essence et les vêtements. Ils se sont repris ailleurs, dans l’achat de vélos, d’équipement de camping et de 2 x 4, mais au total, ils ont plus d’argent dans leurs comptes en banque qu’au début de 2020.

Doit-on persévérer dans cette direction ? Ce n’est pas moi qui vais aujourd’hui lancer un appel à la modération des dépenses alors qu’on s’apprête à ouvrir grandes les portes après 14 mois de confinement. Seulement, la pandémie a prouvé quelque chose qui me semble encourageant : il ne faut pas cinq ans pour redresser une situation financière chancelante. C’est parfois une affaire de quelques mois. 

Un peu de modestie

Le bond de l’épargne a été surprenant, mais plus encore celui des marchés boursiers. Si vous n’y étiez pas dans la dernière année, c’est plate pour vous, mais vous avez raté l’occasion d’une vie. Des rendements de 50 %, ça ne se présente pas souvent.

Pour perdre de l’argent à la Bourse durant la pandémie, il fallait y mettre du cœur. Aucun effort en revanche n’était requis pour en gagner, même un singe aurait su bien paraître. Alors, il n’y a pas de raisons de pavoiser.

Comme, à long terme, les marchés des actions offrent des rendements autour de 8 %, il faut s’attendre à des gains moins intéressants à l’avenir. On le sent déjà depuis quelques semaines d’ailleurs, le spectre de l’inflation assombrit l’humeur des investisseurs, si bien qu’on a assisté récemment à ce genre de séances auquel on n’était plus habitués : rouge foncé ! 

Quelques conseils ici :  

  1. Ne vous lancez pas dans l’investissement à temps plein sur la foi de vos récents exploits. Gardez votre job. 
  2. Avant d’être plus riches en Bourse, vous pourriez être plus pauvres. 
  3. Restez investis et ne tentez pas de vous synchroniser au marché, ce qui ne vous empêche pas de rééquilibrer votre portefeuille.

Ah, l’immobilier ! 

En même temps que le taux d’épargne monte, le taux d’endettement grimpe aussi. Mais comment est-ce possible ? L’immobilier !

Chaque fois qu’un ménage accède à la propriété, il participe à l’augmentation du taux d’endettement. 

Hier, il était locataire et ne traînait pratiquement aucune dette, aujourd’hui il est propriétaire et on lui impute un passif de plusieurs centaines de milliers de dollars.

L’endettement s’accroît parce que plus de familles désirent posséder leur petit coin de jardin. Les prix gonflent, car la demande surpasse l’offre. 

À Montréal, on peut sans exagérer qualifier la proposition pour loger les familles de médiocre : c’est petit, mal en point et cher. 

En dehors, on ne construit pas assez tandis qu’on soulève de plus en plus l’enjeu de l’étalement urbain. 

La pandémie a accéléré la tendance : le télétravail et le confinement ont nourri la demande de logements plus spacieux, la baisse des taux d’intérêt a augmenté la capacité d’emprunt des ménages, et la psychologie s’est occupée du reste. 

Les acheteurs affluent de crainte de manquer le bateau, les vendeurs se raréfient, car ils n’ont nulle part où aller. 

Les plus âgés ne sont plus tentés de finir leurs jours dans les « RPA ». 

Au moment où point la fin de la pandémie, la possibilité pour les acheteurs de surenchérir s’approche de la limite. La Banque du Canada l’a rappelé cette semaine : les valeurs dans le marché de l’immobilier ont atteint des niveaux préoccupants. 

Ça fait dix ans qu’elle dit ça, remarquez, mais là, j’ai tendance à le croire. 

Beaucoup de nouveaux propriétaires n’ont plus de marge de manœuvre. Espérons pour eux qu’ils n’ont pas trop souffert ces derniers mois, car ils devront sans doute maintenir le rythme de vie « COVID » encore un temps. 

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