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Manifestation contre les rénovictions à Montréal

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Une centaine de personnes se sont réunies dimanche au métro De l'Église, à Verdun, afin de se mobiliser contre les rénovictions et de rendre un hommage à l’un de leurs voisins, qui s'est enlevé la vie après avoir reçu un avis d'éviction de son nouveau propriétaire. 

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Ils ont d'abord récité des discours avant de dévaler la rue de l'Église, et ils ont envoyé leurs vœux à la famille de l'homme de 73 ans décédé. «So, so, so, solidarité, avec les rénoévincés», ont scandé les participants sur place autour de 14h.

«Je ne le connais pas, mais je connais des gens qui le connaissent. Tout le monde qui vit ici depuis longtemps se connaît», a exprimé Lyn Lee, membre de Verdun, Ensemble Contre la Gentrification, groupe qui lutte contre les évictions dans l'arrondissement.

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

La semaine dernière, on apprenait dans La Presse qu'un homme s'était enlevé la vie après avoir reçu un avis d'éviction de son nouveau propriétaire, lui qui habitait dans son logement depuis 40 ans. L'enquête du coroner ne lui décelait aucun antécédent médical pertinent en lien avec le décès.

«Il y a des gens dans le groupe qui le connaissaient personnellement, qui connaissaient ses voisins. Ça nous a affectés beaucoup et on s'est mobilisés rapidement autour de ça pour montrer notre solidarité», a expliqué Gabriel, un autre membre du groupe.

Selon lui, plusieurs locataires de longue date sont victimes de rénovictions dans le quartier, et les personnes avec moins de revenus partent pour s'établir ailleurs.

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

«Ça explose»

Laurence Delaunoy, intervenante sociale pour le Comité d'action des citoyennes et citoyens de Verdun (une association à la défense des locataires), a indiqué recevoir jusqu'à trois ou quatre cas d'éviction par semaine, alors qu'auparavant, c'était le même nombre pour l'année.

«Ça explose. Chaque semaine, je gère des cas d'évictions... c'est une hémorragie», a-t-elle indiqué.

Pour elle, la majorité des cas d'éviction sont sans fautes.

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

«Les stratégies sont différentes. C'est de l'intimidation, du harcèlement, on prend les gens par surprise. Quand les gens tentent de résister et de s'informer, c'est une guerre d'usure qui s'entame», a expliqué Mme Delaunoy, en donnant en exemple des cas d'éviction pour agrandissement majeur qui sont complètement faux.

Mme Delaunoy a aussi déploré que dans presque tous les cas, même si les locataires tentent de résister, ces derniers finissent par devoir partir au bout du compte.

«Je dis souvent aux gens qui sont au début du processus [d'une rénoviction]: parlez-vous. Partagez l'information et parlez d'une même voix. C'est un facteur de protection», a-t-elle insisté, en précisant que le logement est un droit.