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Pourquoi fêter nos Patriotes?

Louis-Joseph Papineau, vers 1852
Photo courtoisie. wikipédia.org Louis-Joseph Papineau, vers 1852

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Pour nombre de Québécois, les Patriotes sont un club de football américain. Au sujet de nos Patriotes de 1837-1838 que nous fêtons demain par un jour férié, beaucoup ne savent que ce que notre école a pu leur apprendre, c’est à dire rien ! 

Pourtant, nos Patriotes demeurent d’actualité puisque, encore une fois, avec la présentation d’une « nouvelle loi 101 », le Québec va tenter de s’affirmer contre un pouvoir étranger étouffant qui voudrait lui dicter ses actes.

Reculons dans le temps. À la fin du 18e et au début du 19e, les méthodes impériales britanniques qui « divisaient pour régner » instrumentalisaient l’immigration.

Après l’indépendance des États-Unis, tous les « antipatriotes » monarchistes qui avaient refusé de se ranger derrière George Washington ont immigré dans la colonie britannique du Canada, notamment dans les Cantons-de-l’Est. Ils seront souvent les plus fanatiques impérialistes !

Eux qui exécraient les Patriotes américains et leur démocratie, ils vomiront d’autant plus les Patriotes français !

Déni de démocratie

Un peu avant le soulèvement des Patriotes, avec à peine 10 % de la population, la minorité anglophone a la mainmise sur le pouvoir. 

Il y a des élus francophones, mais c’est toujours Londres, en vérité, qui a le dernier mot. Ce Pouvoir incontestable octroie les contrats payés à même les deniers publics et récompense les amis déjà riches.

Les Habitants et leurs représentants auront beau parler, qui écoutera ?

Soulèvement

Fort de sa victoire à la tête du Parti patriote qui veut plus de démocratie et une reconnaissance de sa culture, Louis-Joseph Papineau, réputé si intelligent que sa « tête » est demeurée proverbiale, va demander à Londres de bien vouloir reconnaître une liste de résolutions en ce sens.

Au refus de la Couronne de les écouter, les députés patriotes opposent celui de voter le budget.

Les esprits s’échauffent. Dans ce qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal, le club des Fils de la Liberté est créé. Les impérialistes du Doric Club s’attaquent alors à la maison de Papineau et détruisent les presses d’un journal trop propatriote à leur goût.

Après une victoire initiale surprise des Patriotes, le régiment anglais de John Colborne, amoureux des allumettes, met le paquet. Les batailles se succèdent et culminent par l’attaque de 2000 habits rouges contre 250 Patriotes réfugiés dans l’église de Saint-Eustache, alors brûlée, et qui porte encore les stigmates des boulets.

Culte de l’Empire

Après cette dévastation, l’impérialisme britannique devient presque une religion au Canada anglais. On fait alors de l’anniversaire de la jeune reine d’Angleterre, Victoria, née un 24 mai, un jour de liesse, le Victoria Day !

Comment réagir à cette manifestation impérialiste ? Au début du 20e siècle, pour la fête de la Reine, le Québec préfère célébrer Dollard des Ormeaux, mort héroïquement à la manière de Davy Crockett, mais ce personnage n’a plus la cote auprès de nos révisionnistes...

Bernard Landry
Photo d'archive
Bernard Landry

En 2002, Bernard Landry décrète que ce sera la Journée nationale des patriotes. N’est-il pas opportun en effet que nos Patriotes ressuscitent précisément lors de ce qui est ailleurs au Canada le « Victoria Day » ? C’est une manière d’affirmer que le combat continue.