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Visages de notre histoire: Portrait de Jack W. Lee

Jack W. Lee (à droite) et deux clients devant son restaurant Nanking du 2637, rue King Ouest, Sherbrooke. [Vers 1990 ?]
Photo © The Sherbrooke Record Archives Jack W. Lee (à droite) et deux clients devant son restaurant Nanking du 2637, rue King Ouest, Sherbrooke. [Vers 1990 ?]

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À la défense du Quartier chinois

En compagnie de deux clients, Jack W. Lee pose fièrement devant le Nanking Café de la rue King à Sherbrooke. Né au Tai Shan, en Chine, en 1929, Jack W. Lee immigre au Canada en 1952 pour rejoindre son père, le restaurateur Sack Fun Lee. Hormis pendant de brefs voyages en Chine, son père a vécu séparé de sa femme et de ses enfants pendant 28 ans. Après avoir imposé une taxe d’entrée de 500 $, la loi d’immigration chinoise interdit en 1923 aux Sino-Canadiens de séjourner plus de deux ans hors du pays ou de faire venir leurs proches au Canada. Toutefois, les restrictions tombent en 1947, permettant à la famille Lee d’être enfin réunie. Apprenant rapidement le français et l’anglais, Jack W. Lee se fait connaître dans le monde de la restauration et des affaires. Il devient, au fil des années, l’un des ambassadeurs de la communauté chinoise du Québec et du Canada.

Réalisations 

Accueil de M. Jack W. Lee, récipiendaire de l’Ordre national du Québec, en compagnie du maire Gérald Tremblay.
Photo © Archives de la Ville de Montréal, Denis Labine
Accueil de M. Jack W. Lee, récipiendaire de l’Ordre national du Québec, en compagnie du maire Gérald Tremblay.

Agir pour la communauté

Citoyen d’honneur de la Ville de Montréal, Jack W. Lee a été invité à l’hôtel de ville à de nombreuses occasions, notamment en 2007. Membre de l’Ordre du Canada (1992) et chevalier de l’Ordre national du Québec (2007), Jack W. Lee a reçu plusieurs récompenses pour avoir contribué à améliorer le sort de ses compatriotes. Ses interventions énergiques auprès du gouvernement fédéral permettent à la communauté chinoise d’obtenir réparation pour les lois discriminatoires en vigueur jusqu’en 1947. Très actif au sein de l’Association des restaurants chinois pendant 29 ans, il favorise l’adoption de normes élevées pour cette industrie alimentaire. À Montréal, où il réside dès 1969 pour affaires, il s’intéresse immédiatement au Quartier chinois. Ses interventions auprès du maire Jean Drapeau, entre autres, permettent de préserver ce lieu de socialisation très important pour la communauté immigrante au centre de la métropole.

Héritage 

Le Complexe Guy-Favreau en construction, vu de la rue De La Gauchetière. En arrière-plan, l’église catholique du Quartier chinois est le seul lieu de culte préservé des démolitions.
Photo © Brian Merrett. Série Sauvons Montréal
Le Complexe Guy-Favreau en construction, vu de la rue De La Gauchetière. En arrière-plan, l’église catholique du Quartier chinois est le seul lieu de culte préservé des démolitions.

Préserver et revitaliser le Quartier chinois

« Si je n’étais pas intervenu, ils auraient construit un complexe [Guy-Favreau] bien plus vaste, et tout le monde [dans le Quartier chinois] serait parti », indique Jack W. Lee en entrevue. Menacés par de vastes chantiers dès les années 1970, une grande partie du secteur résidentiel, trois églises, une école, des associations et commerces du Quartier chinois sont visés par les démolitions. Grâce à son leadership, il contribue à unir une communauté chinoise fort divisée. Avec l’appui des résidents et des gouvernements, une partie du Quartier chinois, une des trois églises et l’immeuble accueillant l’Association des Familles Lee de Montréal sont préservés. La revitalisation s’enclenche en 1982 par la construction de logements abordables, l’aménagement des arches du boulevard Saint-Laurent et la piétonnisation de la rue De la Gauchetière. Il s’agit de l’un des héritages les plus concrets légués par Jack W. Lee, qui réside toujours dans le quartier.