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Les États-Unis exigent davantage de transparence électorale en Haïti

Les États-Unis exigent davantage de transparence électorale en Haïti
AFP

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Les États-Unis ont regretté lundi le manque de transparence entourant la préparation du référendum constitutionnel en Haïti voulu par le président Jovenel Moïse et exprimé leur «profonde préoccupation» face à «l'impasse politique» dans l'île caribéenne. 

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«Haïti doit organiser des élections législatives et présidentielles libres, régulières et transparentes en 2021», a insisté la mission américaine aux Nations unies, peu après que l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, eut rencontré M. Moïse à Quito, en marge de l'investiture du nouveau président de l'Équateur.

«Les préparatifs du référendum constitutionnel prévu le 27 juin n'ont pour l'instant pas été suffisamment transparents ou inclusifs», a ajouté dans un communiqué la mission américaine à l'ONU.

Depuis janvier 2020, le président haïtien gouverne par décrets et sans contre-pouvoir, faute d'élections organisées ces dernières années en Haïti. Mais, selon Mme Thomas-Greenfield, M. Moïse s'est bien engagé à organiser des élections en 2021.

L'ambassadrice américaine a par ailleurs «exprimé sa profonde préoccupation concernant l'impasse politique actuelle en Haïti, l'absence de responsabilité pour les violations des droits de la personne et la détérioration des conditions de sécurité», selon sa porte-parole, Olivia Dalton.

La mainmise des gangs sur le territoire haïtien s'est accrue ces derniers mois et concrétisée au quotidien par la recrudescence des enlèvements contre rançon, affectant autant la minorité aisée que des habitants vivant sous le seuil de pauvreté.

Jimmy Cherizier, l'un des principaux chefs de gangs du pays, fait l'objet d'un mandat de recherche depuis plus de deux ans, mais il publie régulièrement vidéos et photos sur les réseaux sociaux, depuis le quartier qu'il contrôle, au coeur de la capitale.

Surnommé «Barbecue», cet ancien policier serait impliqué dans plusieurs meurtres et incendies perpétrés depuis novembre 2017 dans des quartiers pauvres réputés favorables à l'opposition politique.

L'organisation du référendum attise les critiques jusque dans le camp de Jovenel Moïse, car la procédure choisie ne semble pas respecter les dispositions de l'actuelle constitution.

Principal acteur diplomatique en Haïti, les États-Unis ont refusé d'appuyer le projet de ce référendum, en insistant au contraire sur la nécessité de tenir des élections à court terme pour restaurer l'ordre démocratique.

L'Union européenne a également fait savoir qu'elle ne financerait pas l'organisation du référendum du 27 juin, jugeant le processus insuffisamment transparent et démocratique.

Rédigé en 1987, après la chute de la dictature des Duvalier, le texte actuellement en vigueur déclare que «toute consultation populaire tenant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite».