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L'ours de Dorval était une menace pour la sécurité publique, dit un expert

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La fin de semaine dernière, un jeune ours a été aperçu se promenant dans un secteur résidentiel de Dorval avant d’être capturé par l’entreprise Sauvetage Animal Rescue, et ensuite euthanasié parce qu’il posait un risque trop élevé pour la sécurité de la population.  

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Pour comprendre ce qui s’est passé à Dorval pendant le week-end, Pierre-Olivier Zappa a reçu le lieutenant Sylvain Marois, porte-parole à la Protection de la faune du Québec, et Kathleen Bédard, biologiste au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, à l’émission À vos affaires. 

Pourquoi l'ours n'a pas été relâché

«L’ours a vécu beaucoup de stress causé par la présence humaine sur place lorsque les agents sont arrivés. Il a été transporté une fois l’anesthésie faite», explique Sylvain Marois. 

L’animal a été euthanasié parce qu’il se trouvait près d’habitations et a été en contact avec des humains. Si l’ours avait été relâché trop près de Dorval, il aurait été trop près des habitations et aurait posé un risque pour les citoyens. S’il avait été relâché plus loin, comme dans les Hautes-Laurentides, il y aurait eu une autre problématique : l’ours ne vient pas de ce secteur-là. «Il va y avoir d’autres ours et d’autres animaux sur le secteur. Il n’était pas préférable de le tuer, mais notre responsabilité en sécurité publique a fait qu’on a pris la décision de le faire et d’euthanasier l’animal», explique M. Marois. 

Un ours en milieu urbain

Kathleen Bédard, spécialiste en ours noirs, explique que la bête se retrouve sur l’ensemble du territoire québécois. On estime qu’il y a environ 75 000 spécimens à travers la province. 

Selon elle, il est très rare qu’un ours se retrouve en ville. «Dans le cas de l’ours ici présent, il avait un an et demi. Au printemps, les jeunes viennent de quitter la mère, et ils se retrouvent en période de dispersion à la recherche d’un nouveau territoire, donc là ce n’est pas impossible qu’il ait traversé une rivière et qu’il se soit retrouvé un peu coincé sur l’île de Montréal», dit-elle. «Par la suite, un ours qui se trouve en milieu urbain, il va être plus susceptible aux sources de nourritures qui vont être laissées par l’humain. » 

Selon Mme Bédard, les gens sont plus attentifs à la présence d’animaux en milieux urbains, mais c’est surtout l’étalement urbain qui est un facteur aggravant contribuant à la fragmentation de l’habitat des animaux sauvages. «Les populations subsistent dans des petites parcelles d’habitat, ce qui peut faire en sorte effectivement que quand ils sont à la recherche de dispersion ou à la recherche de nourriture, ils peuvent se retrouver en milieu urbain», explique-t-elle. 

Selon M. Marois, tout part de l’information apportée par les citoyens. C’est pourquoi il encourage les gens à appeler le service de téléphonie de la Protection de la faune du Québec, SOS Braconnage, au 1 800 463-2191. Les gens peuvent appeler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et les agents se rendent ensuite sur place pour faire leur travail. 

Dans le cas de l’ours de Dorval, M. Marois ne pense pas que la Protection de la faune ait été avisée en premier.