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Laurence Jalbert: une femme (et une chanteuse) libre...

Révéler son passé de violence conjugale n’a eu que du bon

Laurence Jalbert
Photo Cédric Bélanger « Le but, c’était de demander de l’aide, d’entamer un processus de guérison et il est bien entamé », assure Laurence Jalbert, que Le Journal a rencontrée au Moulin Marcoux de Pont-Rouge, mardi.

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Laurence Jalbert est une femme libérée. Depuis qu’elle a révélé, le mois dernier, qu’elle a subi de la violence conjugale pendant 10 ans, un poids énorme s’est détaché d’elle et ses admirateurs qui iront la voir et l’entendre, cet été, sur le circuit du Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ) en seront les premiers bénéficiaires, clame-t-elle. Entretien.

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Quel regard portes-tu sur les nombreuses réactions et la vague de sympathie à ton égard qui a déferlé après ta sortie publique ?

« Je ne pensais pas que j’aurais tous ces retours. C’était naïf. Tu sais, j’ai été 10 ans avec cette personne, sept ans à ne pas être capable d’en parler, donc 17 ans dans la honte et le silence. Je me disais qu’on ne me croirait pas. Mais au contraire, on m’a crue. 

C’est ce que je veux dire aux femmes. Les gens à qui tu vas demander de l’aide vont te croire. [...] La directrice de SOS violence conjugale a appelé mon agente après mon passage à Tout le monde en parle pour dire qu’ils n’avaient jamais reçu autant d’appels en deux jours. Si tu peux mettre le numéro de SOS violence conjugale (1 800 363-9010) à la fin de ton texte, ça me ferait plaisir. Parce que ce numéro m’a sauvé la vie. »

Et comment te sens-tu aujourd’hui ?

« Le but, c’était de demander de l’aide, d’entamer un processus de guérison et il est bien entamé. Je vais tellement mieux déjà. La semaine passée, j’ai rencontré la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, et la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest. Nous avons eu une très belle rencontre, faite d’échanges de femmes qui veulent combler le plus de besoins possible afin d’éviter que des femmes meurent parce qu’elles sont des femmes, et que des enfants se retrouvent seuls parce que le père a tué la mère. »

Tu as fait quelques concerts depuis ta sortie publique. As-tu l’impression de ne plus chanter comme tu le faisais avant ?

« Ce n’est plus du tout la même chose. Le choc du syndrome post-traumatique donne des séquelles comme de l’angoisse, de l’anxiété, comme si j’avais toujours un 18-roues sur mes épaules et ma respiration. Maintenant, je ne l’ai plus. Comme chanter, c’est respirer, attachez vos tuques avec de la broche, il vente en tabarouette. »

On te retrouve comme porte-parole du réseau d’été du ROSEQ. Est-ce que ta tournée de l’Est-du-Québec aura une signification particulière en raison du contexte de la COVID ?

« Oui, autant de ma part que celle du public. J’ai donné quelques shows dernièrement, à la mi-mars, et les gens sont au rendez-vous. Ceux qui aiment voir des spectacles, ça leur manquait réellement. Je l’ai vu. Puis, cet été, on verra des gens en vacances. C’est léger. La musique et la guitare acoustique, ça va avec les vacances. C’est un casting parfait. »

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