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Comment François Legault remaniera-t-il son équipe ?

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Photo d'archives François Legault lors de la formation du conseil des ministre en octobre 2018.

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Ceux qui suivent la politique provinciale attendent avec impatience de voir comment le Premier ministre remaniera son cabinet. À 18 mois des élections générales prévues en octobre 2022 et à la veille de la saison estivale, c’est le moment idéal pour brasser les cartes, se débarrasser des boulets et présenter une équipe unie, solide, prête à relancer le Québec!

L’avantage de la CAQ c’est d’avoir, déjà, plusieurs députés et ministres de qualité, aux feuilles de route éloquentes qui peuvent légitimement aspirer, soit à avoir plus de responsabilités comme ministre, ou à accéder au Conseil des ministres. 

Des ministres solides

On sent également que ceux qui occupent des portefeuilles importants sont de plus en plus à l’aise dans leurs responsabilités. Ils sont plusieurs à avoir trouvé leurs marques et s’être défini avec le temps. Ainsi, un Simon Jolin-Barette est passé du ministre abrasif, souvent dépeint comme manquant de compassion (on se rappelle la réforme du PEQ) à un soldat de l’identité sur lequel le Premier ministre peut compter pour mener des dossiers sensibles à terme (Loi 21 et Réforme de la loi 101). Il a tout de même marqué l’histoire du Québec en devenant, du haut de ses 34 ans, le tout premier ministre à invoquer la clause dérogatoire deux fois...dans un même mandat! 

Il y a aussi Sonia Lebel, Christian Dubé, Jean Boulet et Andrée Laforest qui sont des valeurs sures pour le gouvernement. Le Premier ministre semble leur faire confiance, et avec raison. Ils ont démontré leurs capacités à piloter d’importants dossiers, à performer devant les médias avec éloquence et à faire preuve de jugement. 

Le nouveau trio économique semble également bien en selle : Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’innovation est un incontournable et a une influence certaine auprès du Premier ministre. Eric Girard quant à lui, plus effacé sur le plan médiatique, jouit d’une crédibilité économique cruciale pour le poste de ministre des Finances. Lucie Lecours, fraîchement nommée comme ministre déléguée aux PME, est bien accueillie dans le monde du développement économique.

...et moins solides

Cependant, certains ministres semblent dépassés par les événements : le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-François Roberge ne fait pas l’unanimité. Bien que le Premier ministre ait déjà allégé ses responsabilités lors du dernier remaniement en lui retirant les dossiers de l’enseignement supérieur, le ministre de l’Éducation a perdu énormément de plumes dans le cafouillage sur la ventilation de l’air et des demi-vérités, pour ne pas dire des mensonges, servis aux oppositions et à la population. Affaibli, Jean-François Roberge est devenu sans contredit le maillon faible du gouvernement. François Legault se permettra-t-il de le garder à l’éducation, lui qui en a fait sa priorité lors des dernières élections? 

Il y a aussi Pierre Dufour, ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs et Isabelle Charest, ministre des Sports et responsable de la condition féminine. Le premier est souvent décrit comme étant un représentant de l’industrie forestière plutôt qu’un ministre de la Forêt. 

La ministre Charest, quant à elle, a certainement manqué l’opportunité de démontrer son leadership lors de la vague de féminicides qui a marqué le Québec durant les dernières semaines. D’ailleurs, ce n’est que lorsque le premier ministre a demandé à sa vice-première ministre, l’inébranlable Geneviève Guilbault, de se saisir du dossier de lutte contre les féminicides qu’un important financement a été annoncé pour soutenir les maisons d’hébergement pour femmes violentées. Politiquement, c’est un avertissement important pour la ministre Charest. 

Un beau problème

Le Premier ministre Legault devra donc trancher : récompenser les soldats fidèles ayant démontré leur capacité à gérer la crise actuelle, assurer une représentation régionale et une parité hommes/femmes au sein de son conseil des ministres et injecter du sang neuf en accordant des responsabilités ministérielles à des députés ayant fait leurs preuves. 

Chose certaine, comme dans tout remaniement ministériel, il devra ménager la chèvre et le chou de manière à minimiser les déceptions au sein de son caucus et à garder les troupes unies vers l’horizon électoral de 2022.