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La SQDC citée en exemple à l’international

La société d’État est vantée pour son approche qui mise sur la prévention

La SQDC citée en exemple à l’international
Photo d'archives

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Moquée à ses débuts à cause des pénuries et des files d’attente interminables, la SQDC est aujourd’hui érigée en modèle par des partisans de la légalisation du cannabis en France.  

Outre-Atlantique, le Québec, avec son monopole d’État, est vu comme un contre-exemple du Colorado, dont l’approche très déréglementée visant à lutter contre le crime organisé a plutôt eu pour effet d'attirer des trafiquants en provenance d'autres États. 

«Le Québec est la voie à suivre, car le modèle a comme vertu d’offrir le cannabis le plus safe possible [sans chercher à faire des profits], contrairement à un modèle libéral qui cherche à gagner des parts de marché, et donc de nouveaux consommateurs», explique François-Michel Lambert, un élu français qui a créé toute une commotion au début du mois en brandissant un joint au parlement, pour susciter un débat sur la légalisation de la marijuana. 

En entrevue avec Le Journal, l’élu écologiste s'est dit admiratif de la légalisation à la québécoise, parce qu’elle n’a pas engendré de vague de consommateurs. 

Le Québec est la province où la politique en la matière est la plus stricte, mais aussi celle où la consommation a le moins augmenté après la légalisation. En 2019, un an après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, le nombre de consommateurs réguliers avait grimpé d’à peine 3%, soit presque deux fois moins qu’en Ontario, où la vente au privé est permise. 

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Améliorations considérables

Les experts québécois ont tout de même certaines réserves, peinant à oublier l’ouverture anarchique des premières succursales, quand ni les prix ni la qualité des produits de la SQDC ne pouvaient rivaliser avec l’offre du marché noir.

«Ça s’est beaucoup amélioré. Il y a eu une augmentation de points de vente et une meilleure gestion des stocks», remarque Serge Brochu, professeur de l’École de criminologie de l’Université de Montréal, qui rappelle que le Québec est l’endroit au Canada où l’herbe est la moins chère par rapport à ce que l’on trouve clandestinement.

«Le grand amateur de cannabis qui fume chaque jour continue de faire des économies d’échelle dans le marché illicite, mais, pour le consommateur moyen, la SQDC est maintenant plus abordable», nuance l’expert en dépendance, Jean-Sébastien Fallu. 

Marché noir menacé?

La société d’État se vante d’avoir déjà récupéré 50% de la clientèle du marché noir et vise 75% «d’ici deux à quatre ans».

Mais pour y arriver, le gouvernement Legault doit absolument revenir sur sa décision d’interdire la marijuana aux 18 à 21 ans, insiste le professeur à l’École de criminologie, David Décary-Hétu. 

«C’est un non-sens, s’insurge-t-il. Les criminels s’approprient toujours un marché qui n’est pas exploité légalement.»
  

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