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Les restaurateurs mitigés à l’aube de la réouverture

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De nombreux restaurateurs de la ville de Montréal sont engagés dans une course contre la montre, puisqu’ils pourront accueillir des clients sur leurs terrasses pour la première fois en huit mois, vendredi.

Jeudi, la rue Sainte-Catherine avait des allures de chantier de construction, tandis que les derniers préparatifs se mettaient en branle.

La réouverture des terrasses a de quoi réjouir, mais ça ne se fait pas dans l'allégresse.

«C'est sûr qu'on ne pourra pas ouvrir le jour et les brunchs, comme on faisait avant. Pour l'instant, on va juste se concentrer sur les soirées», a indiqué Philippe Demers, propriétaire du Saloon.

«Tout le monde, on y va de reculons un peu. Parce qu'on le sait que ça va être encore le problème de jouer à la police avec les clients», a pour sa part regretté Dany Jobin, propriétaire des bars District Vidéo Lounge et Le Date Karaoke.

En zone rouge depuis le 1er octobre, les propriétaires devront se familiariser avec de nouvelles règles déjà appliquées en zone orange, comme l'a confirmé jeudi Québec.

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Jonathan Ollat, copropriétaire des restaurants L'Atelier et Ophélia, sur QUB radio: 

«La réservation obligatoire, même pour les terrasses en zone rouge et en zone orange», a donné comme exemple François Meunier, de l’Association de la restauration du Québec.

La Ville de Montréal espère pour sa part combler une partie du déficit touristique causé entre autres par le report des Francofolies et du Festival de Jazz en septembre en créant ce qu'elle appelle des «oasis d'animation» au centre-ville. Il y aura 600 artistes invités dans les rues piétonnes à partir de la semaine prochaine.

«C'est de créer de l'engouement, de faire revenir les gens au centre-ville. On disait les Montréalais, les résidents, mais aussi les touristes», a expliqué la mairesse Valérie Plante.

Mais pour le moment, c'est surtout la course aux employés qui retient l'attention des restaurateurs, surtout en cuisine.

«Il m'en manque, je vous dirais presque la moitié. Moi, je suis chanceux, parce que j'ai le noyau qui est resté avec moi», a mentionné Philippe Demers.

«Tous les anciens, tous ceux qui ont de l'expérience avec nous depuis 10 ans, 15 ans, 20 ans, ils sont là, mais des nouveaux, zéro. La dernière fois qu'on a ouvert ce frigo, c'était pour porter la marchandise chez l'Accueil Bonneau», a ajouté Éric Luskenberg, propriétaire de Chez Éric et Le Homard Fou.

  • Écoutez la journaliste Marie-Anne Lapierre en direct de l'ouverture des terrasses à Montréal sur QUB radio: 

Avec des coûts d'opération plus élevés, plusieurs établissements songent à majorer leurs prix de 5 à 10 %.

«Ça peut être une légère majoration qui fait en sorte que pour le consommateur, ça ne représente pas grand-chose, mais pour nous, au niveau volume, c'est intéressant. Puis on peut se permettre après ça de la redonner à notre staff», a précisé Mathieu Ménard de la Nouvelle association des bars du Québec.

Pour tenter de pourvoir les postes vacants, des établissements comme la Palme mettent le paquet.

«On offre un horaire flexible. Le salaire commence à 18$ de l'heure, et vous avez l'opportunité d'apprendre la nourriture antillaise», a lancé la propriétaire Lee-Anne Millaire Lafleur.

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