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Ça mérite aussi des excuses de Justin et d’Erin

Mackenzie King sortant de sa rencontre avec Hitler - 1937
Photo Bibliothèque et Archives Canada Mackenzie King sortant de sa rencontre avec Hitler - 1937

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Justin Trudeau a offert les excuses officielles du Canada pour l’internement de plus de 600 Italiens lors de la Seconde Guerre mondiale.

À la suite des Anglais, le premier ministre Mackenzie King avait déclaré la guerre à l’Italie fasciste en 1940 et la GRC avait procédé à l’internement d’Italiens en tant qu’ennemis étrangers, sous prétexte de sympathie fasciste, même s’ils étaient citoyens canadiens. Ce qui est arrivé aux Italiens est sans commune mesure avec le sort infâme réservé aux Japonais. Pourquoi Trudeau agit-il maintenant? Pour des raisons bassement électoralistes, pensez-vous? Vous avez raison.

Ces nouvelles excuses du plus repentant de tous nos premiers ministres sont l’occasion de rappeler que ses deux prédécesseurs de l’époque hitlérienne, R.B. Bennett et W. L. Mackenzie King étaient des sympathisants nazis, ce que le Canada anglais aime mieux oublier.

Le premier ministre conservateur R.B. Bennett (1930-1935) soutenait secrètement le leader nazi canadien Adrien Arcand. Comme je l’ai montré dans Le Livre noir du Canada anglais en me basant sur des documents d’archives du Congrès juif canadien, Bennett finançait les deux journaux violemment antisémites d’Arcand et son mouvement.

Aux élections de 1930, les Conservateurs pensent pouvoir battre Mackenzie King, à condition d’augmenter considérablement leur nombre de sièges au Québec, où ils portent l’odieux de la pendaison de Riel et de la conscription de la Première Guerre mondiale.

Bennett donne donc 25 000$ (400 000$ actuels) à Arcand pour que ses journaux et son organisation aident les Conservateurs à gagner l’élection.

Satisfait des résultats, aux élections de 1935, Bennett nomme Arcand responsable de la publicité pour la campagne conservatrice au Québec. Il mène avec son journal, Le Fasciste canadien, une virulente campagne contre Mackenzie King, qui remporte malgré tout une éclatante victoire. Selon Frederick Edwards dans l’édition du Magazine Maclean’s du 15 avril 1938, le nazi Arcand s’était présenté sous la bannière conservatrice dans une circonscription de Montréal, où il été défait.

Le successeur de Bennett comme premier ministre du Canada, le libéral Mackenzie King (1935-1948), est aussi un antisémite et un admirateur d’Hitler. C’est un individu troublé et irrationnel qui converse presque chaque jour avec des esprits et des fantômes. Si l’on en croit son journal intime, il prend conseil auprès de sa mère décédée et de Wilfrid Laurier, mort en 1919. Il consulte aussi, entre autres, saint Luc, saint Jean, Laurent de Médicis, Léonard de Vinci et... Anne Boleyn (décapitée en 1536 sur l’ordre de son mari, Henri VIII).

Fasciné par Hitler, Mackenzie King se rend en Allemagne le rencontrer en 1937. Mackenzie King profite de son séjour à Berlin pour passer une soirée à l’opéra à l’invitation d’Hermann Goering, le numéro deux du régime nazi et successeur désigné du Führer. Le 30 juin 1937, il termine son voyage officiel à Berlin en faisant l’éloge d’Hitler qui, selon lui, favorise la compréhension, l’amitié et la bonne volonté entre les peuples.

Dans leur livre None Is Too Many, Irving Abella et Harold Troper citent une observation tirée du journal intime de Mackenzie King au sujet d’Hitler: “He might come to be thought of as one of the saviours of the world.” Oui, oui, le premier ministre du Canada pense que le chef nazi pourrait être considéré comme un sauveur de l’humanité!

Justin Trudeau, au nom du Parti libéral, et Erin O’Toole, pour le Parti conservateur, devraient présenter des excuses à la communauté juive canadienne pour avoir eu comme prédécesseurs de tels individus.

En 2018, Justin Trudeau avait offert des excuses parce que le Canada avait refoulé 900 réfugiés Juifs allemands à bord du navire MS Saint Louis. Forcés de retourner en Europe, plusieurs d’entre eux ont péri dans l’Holocauste. Mais pas un mot de Trudeau sur Mackenzie King qui a refusé de les accueillir.

Trudeau devrait aussi demander pardon aux Acadiens pour leur déportation. Il dirige l’état successeur de la Grande-Bretagne qui a perpétré ce crime. Mais il ne le fera pas: il braquerait contre lui les anglophones des Maritimes sur qui il compte pour s’assurer d’une majorité.