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Jonathan Roy: «Je me mettais énormément de pression, comme au hockey»

Jonathan Roy
Photo courtoisie Jonathan Roy

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On le disait fini, mais Jonathan Roy n’avait pas dit son dernier mot. Près de trois ans après avoir été largué par Warner et une bonne remise en question plus tard, il revient avec de nouvelles chansons plus rock, plus sombres, « qui viennent de moi ». En entrevue avec Le Journal, l’ancien protégé de Corey Hart explique le cheminement qui l’a conduit jusqu’à la parution du EP, My Lullaby. 


Quel regard portes-tu sur les dernières années, depuis la parution de Mr. Optimistic Blues (2017) ?

« J’ai passé cinq, six ans extraordinaires avec Corey. J’ai appris beaucoup, mais je ne m’étais jamais découvert comme personne en dehors de la musique et du hockey. D’où l’idée de m’acheter un VR et de partir en road trip. J’avais besoin de moments de solitude pour savoir ce que je voulais dans la vie, si je voulais continuer la musique ou aller dans une autre branche. Lors d’une soirée à Los Angeles, j’ai rencontré Brian Howes et je me suis dit que j’allais faire une session de musique pour voir ce que ça donne après quatre ou cinq mois de pause. C’est là que Keeping Me Alive [première chanson de My Lullaby] a été écrite. »


Qu’as-tu découvert sur toi ?

« Que la musique me stabilise énormément. Cela a toujours été le cas, mais je ne savais pas à quel point. C’est une forme d’expression qui me fait du bien. J’ai découvert que j’ai toujours été quelqu’un de “débalancé”, qui vit des hauts et des bas. Comme tout le monde, j’ai des journées plus difficiles et j’avais besoin d’apprendre à le gérer. J’ai appris à mieux contrôler mes faiblesses et les améliorer. »


Souffres-tu de problèmes de santé mentale ?

« Ça va jusque là, en effet. Je n’ai jamais eu de grosse dépression, mais je me suis posé des questions sur ma vie et ma carrière. Après Daniella Denmark, Corey et moi voulions que ça marche plus et nous avons été un peu déçus. On s’était dit que si ça ne levait pas vers l’âge de 30 ou 31 ans, il serait peut-être temps de jeter l’éponge. Avec le recul, j’ai réalisé que mes attentes étaient trop hautes et que j’avais perdu mon unique raison de faire de la musique qui est de m’exprimer, sortir certaines choses qu’il y a à l’intérieur de moi. »


Tu as abordé la question à l’envers, donc. Tu as fait passer le succès avant la musique. Maintenant, c’est l’inverse.

« Exact. Je me mettais énormément de pression, un peu comme le hockey. Je voulais être comme mon père [le gardien Patrick Roy] à la place de juste m’amuser à jouer du hockey. C’est ce que j’ai appris. »


On sent que ta musique a évolué. Tes chansons sont moins légères, plus sombres, plus rock.

« C’est beaucoup plus alternatif. Même si je suis capable d’écrire des mélodies pop, j’ai tout le temps trippé sur l’alternatif, sur le blues. Dans le temps, j’écrivais beaucoup de chansons avec Corey, mais en réalité, les gens vont connecter plus avec des chansons qui viennent de moi. Si je les sens, ça va être plus honnête, plus authentique et ça va aller chercher plus de monde. C’est ça qui est arrivé avec Keeping Me Alive. »


Et le vidéoclip compte 56 millions de visionnements sur YouTube à ce jour. Que s’est-il passé ?

« Écoute, si on connaissait la recette, on le ferait tout le temps. »


À qui s’adresse Keeping Me Alive ?

« À tous mes démons, à tous les gens qui ont dit que je n’étais pas capable. C’est une toune pour se motiver à continuer. Je suis persuadé que beaucoup de gens dans l’industrie musicale pensaient que je n’aurais plus jamais de succès à la fin de mon association avec Warner. Je suis fier d’avoir continué, d’avoir foncé, de m’être écouté, de faire les choses à ma façon, d’être allé chercher les bonnes personnes pour bien m’entourer. Je suis heureux de voir que les gens ont connecté avec la chanson. »


As-tu le sentiment qu’au Québec tu t’es défait de l’étiquette du fils de... ?

« Non, pas au Québec. Je ne pense pas que ça va changer et ça ne me dérange tellement pas. Je suis fier de mon père, il a fait de grandes choses pour le Québec. Je suis fier de porter le nom. Je ne me pose pas cette question, je veux juste continuer de faire de belles choses en musique. »  


♦ My Lullaby, de Jonathan Roy, actuellement disponible.