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«La dernière maison»: le cri du cœur d’Annie-Soleil Proteau

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Depuis le décès de sa grand-mère, en 2017, la chroniqueuse culturelle à Salut Bonjour week-end, Annie-Soleil Proteau, s'attarde sur le sort des personnes âgées au Québec et le choix que les aînés devraient avoir concernant leurs dernières conditions de vie. 

Dans son documentaire La dernière maison, elle dresse un portrait de la situation, lance un cri du cœur, mais ouvre aussi une porte à l'espoir et au changement. 

C'est à «contrecoeur» que Madeleine Proteau, alors âgée de 90 ans, a quitté son domicile pour aller s'établir dans une résidence pour personnes âgées autonomes. 

Lors de son déménagement, elle coupait aussi la relation quotidienne qu'elle avait avec sa petite-fille, Annie-Soleil, qui a vécu toute sa vie à quatre portes de chez elle. 

«J'ai été complètement bouleversée quand ma grand-mère a quitté sa maison pour aller vivre dans une résidence pour personnes âgées autonomes. Moi, ce qu'elle me disait, c'est que ça ne lui tentait pas tant que ça d'aller vivre là-dedans... Qu'elle y allait beaucoup par peur de l'avenir, par peur du jour où elle perdrait son autonomie», se remémore Annie-Soleil Proteau.

L'animatrice aurait privilégié des soins à domicile pour l'être cher, plutôt que la «placer» en résidence.

«Ce que j'ai voulu démontrer avec mon documentaire, c'est à quel point c'est difficile d'avoir accès au maintien et aux soins à domicile! Tout pousse au déménagement des aînés, alors que 90% d'entre eux souhaitent rester à la maison, selon les plus récents chiffres d'un sondage effectué durant la pandémie», raconte-t-elle.

«Le choc du déménagement, ça a été épouvantable pour elle!» mentionne l'animatrice qui se rappelle qu'à peine quelques jours après son arrivée en résidence, l'état de sa grand-mère s'est rapidement détérioré, au point où elle a dû se faire hospitaliser. À ce moment, la résidence qui avait convaincu la famille Proteau d'accueillir la nonagénaire en pleine forme ne voulait plus l'héberger sur son étage aux soins adaptés.

«Le jour où il a été question qu'elle sorte de l'hôpital et retourne à la résidence, bien là... Non, on s'en lave les mains et on ne la reprend pas!» dit-elle.

Selon Annie-Soleil Proteau, le Québec gagnerait à s'inspirer de modèles qui fonctionnent bien et qui valorisent les retraités. Elle fait référence, notamment, au Danemark et au Japon, qui ont mis sur pied une assurance autonomie pour conserver les aînés dans leur domicile le plus longtemps possible.

«Au Danemark, on met 73% de l'argent des contribuables dans le maintien et les soins à domicile, et il y a 27% qui va pour les places en CHSLD. Nous, c'est l'inverse. Notre autre problème est qu'on ne donne pas suffisamment de soutien psychologique et financier aux proches aidants», explique-t-elle.

Grâce à ses recherches auprès de familles, de chercheurs universitaires et de spécialistes en gériatrie, c'est le cœur brisé qu'Annie-Soleil a été forcée de constater qu'il y a peu d'issues pour terminer sa vie dans la dignité, et encore moins pour les gens vulnérables ou défavorisés.

«Il y a de l’espoir, mais on manque encore de volonté. Il suffirait d’un peu d’efforts pour faciliter la fin de vie à domicile pour les aînés. On maintient en place un système où on déménage les aînés au lieu d’écouter ce qu'ils veulent», lance Annie-Soleil.

Le documentaire La dernière maison sera présenté le dimanche 6 juin à 21h30 sur les ondes de TVA.