/opinion/faitesladifference
Navigation

Les cégeps anglos participent à l’anglicisation du Québec

Les cégeps anglos participent à l’anglicisation du Québec

Coup d'oeil sur cet article

Selon une note technique de l’Institut de recherche sur le français en Amérique qui se base sur les données d’une enquête de Statistique Canada menée en 2007 auprès de diplômés de 2005, la langue d’enseignement supérieur influence la principale langue utilisée au travail au Québec.

Il est démontré qu’en ce qui a trait aux diplômés du cégep, « les collégiens ayant étudié en français utilisent principalement le français au travail dans 95 % des cas. Chez ceux ayant étudié en anglais, l’utilisation principale du français au travail se retrouve dans 50 % des cas »1 et parmi « [l]es francophones qui y ont étudié en français [ceux-ci] utilisent principalement le français au travail dans 95 % des cas. Ceux qui ont étudié en anglais le font dans 67 % des cas. »2 

De plus, selon cette note technique, il est démontré qu’en ce qui a trait aux diplômés universitaires « [l]es francophones qui y ont étudié en français utilisent principalement le français au travail dans 93 % des cas. Pour ceux qui y ont étudié en anglais, le résultat est de 53 % qui travaillent en français. [...] Pour les personnes [allophones], celles qui ont étudié en français utilisent principalement le français au travail dans 74 % des cas. Celles qui ont étudié en anglais utilisent principalement l’anglais au travail dans 75 % des cas. »3 

Deux mesures s’imposent

Ces données nous montrent donc sans aucune ambiguïté que les établissements d’enseignement supérieur anglophones participent activement à l’anglicisation du Québec. 

Des mesures pour augmenter de façon importante la proportion d’étudiants fréquentant les établissements supérieurs francophones sont hautement nécessaires pour renverser le déclin du français et ainsi empêcher sa disparition complète comme langue commune des Québécois. 

Deux mesures minimales s’imposent pour réussir ce revirement de situation.

D’abord, l’application de la loi 101 au réseau collégial comme elle s’applique au primaire et au secondaire. 

Puis, financer les institutions anglophones à la hauteur du poids démographique des anglophones du Québec qui est défini par le projet de loi 96 comme étant 8,7 % de la population québécoise. 

Il faudra du courage

Monsieur Legault, aurez-vous le courage, comme René Lévesque et Camille Laurin en leur époque, d’adopter les mesures nécessaires à notre époque pour sauver le français au Québec ?

René Lévesque et Camille Laurin, eux, ont accompli leur devoir de protéger le français en adoptant les mesures nécessaires à leur époque, et ce, en bravant la montagne d’opposants qui se sont dressés devant eux. Jamais ils n’ont renoncé à accomplir leurs devoirs.

Les cégeps anglos participent à l’anglicisation du Québec
Photo courtoisie

Jessy Gareau, Étudiant au Centre collégial de Mont-Laurier


1. QUÉBEC, INSTITUT DE RECHERCHE SUR LE FRANÇAIS EN AMÉRIQUE. La langue d’enseignement... et après, Institut de recherche sur le français en Amérique, 2010, https://irfa.ca/pdf/note_irfaMARS2010B_1.pdf (page consultée le 3 mai 2021)

2. Ibid.

3. Ibid.

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?