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Réflexions sur l’intimidation idéologique telle que pratiquée par les racialistes

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C’est le nouveau chic mondain, il faut s’accuser de racisme et, de préférence, de racisme systémique, en confessant son privilège blanc pour mieux s’engager à le déconstruire. Ces derniers jours, comme je le notais dans ma chronique de ce matin, c’était au tour des diététistes du Canada et des nutritionnistes du Québec de le faire.

Il est bien vu, lorsqu’on s’adonne à ce rituel qui n’est pas sans rappeler l’autocritique telle qu’on la pratiquait au XXe siècle, de raconter le moment de sa prise de conscience. À quel moment celui qui péchait contre la diversité s’est-il éveillé, et de quelle manière? 

Il lui faut ajouter, évidemment, ce qu’il entend faire pour accomplir sa conversion, qui sera toujours incomplète, toutefois, car comme l’affirme dans Fragilité blanche Robin DiAngelo, l’idéologue principal de cette idéologie qui cherche à se faire passer pour de l’antiracisme, si le Blanc doit apprendre à ne plus être blanc, s’il doit se déblanchir, il ne doit se faire aucune illusion: il n’y parviendra jamais complètement, tellement la blanchité est profondément inscrite en lui, jusque dans les plis les plus intimes de sa conscience. 

Coupable de naissance, il est condamné à l’être aussi à sa mort, même s’il aura pour mission, en cette vie, de progresser sur le chemin de l’inclusion et de la diversité en devenant un allié de ceux qu’on appelle les «minorités». Il est condamné, en fait, à une expiation sans rédemption.  

Chacun doit se rééduquer en se soumettant à une forme de vigilance permanente de ses propres pensées, pour dépister ses biais inconscients et en finir avec eux. 

On notera une chose toutefois: le jour où le pécheur décide d’amorcer son chemin de conversion, il n’aura pas grand effort à faire pour trouver les mots nécessaires, puisqu’ils viennent à la manière d’un chapelet de formules qu’il faut répéter. Ce sont les prières de cet antiracisme de contrebande. Partout, ce sont toujours les mêmes mots qui sont utilisés, comme s’ils étaient générés par un logiciel pensant, parlant et écrivant à la place de celui qui les prononce. 

Ces rituels sont étranges, mais nous devons les garder à l’esprit dans cette étrange époque où la haine de la civilisation occidentale se radicalise et se transforme en phénomène religieux – la gauche woke qui la conspue et l’exècre rêve aujourd’hui de l’anéantir, dans la mesure où elle serait consubstantiellement raciste, sexiste, transphobe, et indissociable de la suprématie blanche, qui serait inscrite dans sa structure la plus fondamentale. De la physique à l’enseignement des mathématiques, en passant par la nutrition, le sport et les programmes de financement des entrepreneurs, tout, tout, tout dans le monde occidental serait raciste.  

Quand une organisation, qu’il s’agisse des diététistes ou des médecins importe peu, annonce «reconnaître» le racisme systémique, elle ne reconnait pas une réalité sur le mode «nous reconnaissons que la terre est ronde», mais elle annonce sa conversion à l’orthodoxie, elle marque son ralliement au régime diversitaire, à la fois par conformisme social et médiatique, mais aussi parce que la pression idéologique est telle que le simple fait de garder le silence sera perçu comme un geste de dissidence.

Dans un régime idéocratique, où l’adhésion à l’idéologie officielle est quasi-obligatoire pour fonctionner en société, et plus encore lorsqu’on appartient aux catégories sociales privilégiées ou qu’on espère accéder à une position sociale avantageuse, il ne s’agit plus de reconnaître des faits et de les analyser avec discernement, mais de faire un serment d’allégeance au régime – un serment qui doit être reconduit chaque fois que le régime se radicalise, ce qui est le cas aujourd’hui avec la révolution racialiste qui pousse nos sociétés à la névrose. 

Autrement dit, la «reconnaissance du racisme systémique» est un geste de soumission à l’idéologie dominante consistant à annoncer qu’on n’y résistera plus. D’ailleurs, qui s’y opposera risque la peine de mort sociale, le bannissement professionnel: contre lui, tout sera permis. Un salarié qui, dans une entreprise, refusera de participer à un atelier de diversity training ou qui questionnera les présupposés idéologiques de l’animateur sera immédiatement transformé en suspect: n’en soyons pas surpris, dans la mesure où le simple fait de ne pas adhérer à la théorie du racisme systémique est interprété par ses promoteurs comme un symptôme de racisme. 

Et contre celui à qui on colle cette étiquette, tout est permis.