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J’ai compris que je ne serais jamais un directeur-gérant

Gilmore
Photo courtoisie Kevin Gilmore

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Le président et chef de la direction du CF Montréal, Kevin Gilmore, est un Québécois francophone dont la mère est une dame Tremblay du Saguenay. Sa passion pour le sport remonte à Arvida, et a continué par la suite à Sainte-Foy. Kevin est un des rares Québécois, sinon le seul, à avoir occupé des postes de direction avec des équipes de la LNH, du baseball majeur et de la MLS, sans oublier Disney.


De quelle ville es-tu natif ? 

Je suis natif d’Arvida, au Saguenay, et grâce à mes parents, je suis parfaitement bilingue. Je parlais avec ma mère en français tandis qu’avec mon père c’était en anglais. Les repas familiaux avec mes parents, frère et sœur étaient en réalité des cours de langues. 


Ton père était un bon athlète.

Il n’a pas percé dans la LNH, mais il a joué avec Jacques Plante, Herb Carnegie et Jean Béliveau. Il a été entraîneur de football à Chicoutimi et il a gagné le championnat dans sa première saison.


Ta mère était avant-gardiste.

Maman, à 17 ans, s’est informée pour faire ses études à l’école Polytechnique de Montréal. J’ai la lettre de réponse l’informant qu’il n’y avait encore aucune fille étudiante à l’époque et l’encourageant à faire une application formelle, mais elle a choisi une autre carrière.


Aimais-tu pratiquer des sports dans ta jeunesse ?

Je vivais à Sainte-Foy. C’est au baseball que j’excellais le plus. J’ai joué aussi au hockey, au basketball et au soccer, mais mon talent de joueur de soccer se limitait à marquer des buts.


Tu as été coéquipier avec Pierre Vercheval et Michael Fortier. 

Je les ai côtoyés et affrontés dans différentes disciplines sportives : l’ancien des Alouettes, Pierre Vercheval, était coéquipier sur le terrain de baseball et adversaire sur un court de basketball ; et l’homme d’affaires réputé Michael Fortier était coéquipier au baseball.


Décris-moi tes premiers emplois. 

J’allais au Collège régional Champlain St. Lawrence, à Québec. J’ai travaillé dans des bars sur la Grande Allée, même si je n’avais pas l’âge requis, également comme préposé à la cuisine dans des camps de filles, et déménageur pour des familles anglophones.  


Tu voulais être un agent de joueur ?

Tout au long de ma jeunesse, je voulais travailler dans le domaine du sport. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’étudier en droit. 


Tenais-tu mordicus à étudier en français ? 

J’avais analysé la possibilité d’étudier à McGill, mais je voulais faire carrière en français au Québec. J’ai finalement choisi l’Université d’Ottawa, et pour la première fois, je devais étudier en français. 


Parle-moi de ta vie universitaire et de ta voiture. 

Commençons avec mes finances universitaires. Je payais tous les coûts moi-même et je disposais de 25 $ par semaine pour manger, et à l’occasion me payer une petite dépense. Alors, comme tu peux voir, je n’avais pas les moyens de m’acheter une voiture. 


Tu as été stagiaire à Montréal au bureau d’avocat Martineau-Walker, devenu depuis Fasken. 

J’ai été chanceux, car mes parents demeuraient à Saint-Lambert, donc encore une fois, pas besoin de voiture, mais une fois rendu en Californie, je me faisais finalement assez d’argent pour me procurer un Jeep tout neuf. 


Tu as été lauréat d’un prestigieux honneur décerné par la Cour suprême ? 

Diplômé de la faculté de droit de l’Université d’Ottawa, en droit civil et common law, en 1987, je fus le titulaire du prix du Juge en chef Brian Dickson, de la Cour suprême du Canada, pour la plus haute note de la dernière année de mes études.  


En route vers la Californie...

J’avais reçu des offres d’emploi de bureaux d’avocats de San Francisco et de Los Angeles. J’ai finalement opté pour l’offre du bureau Latham & Watkins à Los Angeles, et ensuite pour celle de Disney. Imaginez-vous le petit gars d’Arvida avec son accréditation pour entrer avec sa voiture sur le site de Disneyland, et pouvoir accéder au parc par une porte secrète juste derrière un gros manège. 


Est-ce Disney qui t’a ouvert les portes du monde du sport ? 

Sans aucun doute. Disney a acheté la formation de la LNH les Mighty Ducks d’Anaheim. J’ai travaillé avec Pierre Gauthier, qui est devenu D.G. du Canadien, et avec Tony Tavares, le dernier président de l’histoire des Expos.  


Tu as aussi travaillé avec deux autres équipes de la Californie.

J’ai eu le plaisir de travailler avec les Kings de Los Angeles et la formation de baseball des Angels. Lorsque je regarde un match des Angels, je suis fier, car j’ai dirigé les rénovations du stade et travaillé avec Bill Bavasi dont le père, Buzzie, avait été impliqué avec les Royaux de Montréal.


Décris-moi une décision difficile que tu as dû accepter. 

La journée où j’ai compris que je ne serais jamais un directeur-gérant d’une équipe de la LNH, malgré le fait que j’ai eu des entrevues avec trois équipes. Cependant, cela m’a ouvert des portes à travers le monde du sport.


Montréal a sa place pour toi dans le monde du sport. 

C’est une grande ville de sport. J’ai connu de belles années avec le Canadien, et maintenant avec le CF Montréal.


Ta rencontre avec ta future épouse est assez unique.

J’allais régulièrement à la Taverne Monkland, à Montréal, car je trouvais que l’une des préposées à la clientèle était charmante. En réalité, je me suis trompé sur le poste qu’elle occupait, car elle n’était pas une préposée, mais l’une des copropriétaires.


En quoi consiste une belle soirée en famille pour toi ?

Partager un bon repas avec mon épouse et mes trois enfants est sans aucun doute un beau moment dans ma vie, un moment qui se répète souvent ces jours-ci, mais on a tous bien hâte à une soirée au Stade Saputo.