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Joe Biden ou comment se faire des amis

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Photo AFP

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Les choses s’améliorent, c’est assez clair. Et ça ne tient pas qu’à la levée du couvre-feu au Québec. Les Américains reprennent d’assaut les aéroports. Les Européens sont prêts à les recevoir. La planète tout entière, en fait, se montre plus réceptive à l’égard des États-Unis. Quatre mois après l’entrée de Joe Biden à la Maison-Blanche, bilan de printemps.

Dans tout ce qu’il avait à dire, à la fin-avril, en prononçant son premier discours au Congrès comme président, Joe Biden tenait à passer un message au reste du monde : « America is back! ». Mieux encore, a-t-il précisé au nombre réduit de congressmen et de sénateurs — pandémie oblige — réunis dans l’enceinte de la Chambre des représentants, « les États-Unis sont de retour et sont là pour demeurer. »

Ce n’est pas un secret que l’autorité américaine s’est effilochée sur la scène internationale au cours des quatre années de la présidence de Donald
Trump. Un vaste sondage effectué dans 24 pays par le Centre de recherche Pew, un organisme indépendant, montrait, en une courte année, un effondrement de la confiance envers la présidence des États-Unis : de 74 % sous Obama en 2016 à 23 % sous Trump en 2017.

Le président républicain avait réussi l’exploit de faire la quasi-unanimité contre ses principales politiques étrangères : ses décisions environnementales, ses mesures anti-migratoires et la révocation de l’entente sur le programme nucléaire iranien, en reniant – sacrilège ! – la signature de son prédécesseur.

EN FINIR AVEC L’INTIMIDATION

Au mépris de l’« America First » de Donald Trump, c’est-à-dire seule et à part, Joe Biden replace les États-Unis au cœur de la scène internationale. Les experts américains ont repris contact avec l’Organisation mondiale de la santé qui n’aura pas trop de leurs lumières pour tirer l’humanité hors de la pandémie.

Après l’échec fracassant de la politique trumpienne de pression maximale sur l’Iran qui n’a fait que renforcer le camp des plus radicaux à Téhéran, Biden a renoué le dialogue dans l’espoir de redonner vie au pacte de 2015 sur le nucléaire iranien. Et les environnementalistes ne sont pas les seuls, après un enchaînement de dérèglements climatiques, à célébrer le respect renouvelé de Washington pour l’Accord de Paris sur le climat.

GUIDER PAR L’EXEMPLE

Conséquence : les États-Unis inspirent maintenant de grandes envies de réconciliation. Selon la firme de sondages Morning Consult, depuis que Joe Biden s’est installé à la présidence, l’opinion favorable des Allemands s’est accrue de 22 points, de 19 points chez les Japonais et de 17 points en France.

Prenons un dernier exemple concret, la dernière crise au Proche-Orient. Rien de très glorieux dans l’attitude initiale de la Maison-Blanche : un soutien bruyant au droit d’Israël de se défendre et une réticence à reconnaître le caractère disproportionné de la riposte et de ses conséquences : 254 Palestiniens tués contre 13 morts, côté israélien.

Cela dit, après avoir arraché un cessez-le-feu, Joe Biden a dépêché son secrétaire d’État Antony Blinken en mission dans région : Jérusalem, Ramallah, Amman et Le Caire. Le président démocrate a promis de redonner leur place à la collaboration et la diplomatie. Il donne déjà l’exemple. 

L’opinion que les Américains ont de leur président 

Quel respect les leaders étrangers ont pour le président des États-Unis ?

Sources : Gallup et Morning Consult

Les États-Unis dans le monde, de Trump à Biden : 

Plus d’opinions favorables ; moins d’opinions défavorables

ALLEMAGNE 

  • Au dernier jour de Trump : 24 % favorables ; 62 % défavorables 
  • Au 100e jour de Biden : 46 % ; 37 %  

JAPON 

  • Au dernier jour de Trump : 36 % favorables ; 42 % défavorables 
  • Au 100e jour de Biden : 55 % ; 22 %  

FRANCE 

  • Au dernier jour de Trump : 29 % favorables ; 49 % défavorables 
  • Au 100e jour de Biden : 46 % ; 29 %  

CANADA 

  • Au dernier jour de Trump : 26 % favorables ; 65 % défavorables 
  • Au 100e jour de Biden : 40 % ; 47 %  

MEXIQUE 

  • Au dernier jour de Trump : 60 % favorables ; 25 % défavorables 
  • Au 100e jour de Biden : 68 %; 18 %