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Pensionnats autochtones: quand le racisme tue

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Les faits sont connus. La réalité trop longtemps ignorée.

La découverte des restes de 215 enfants au Pensionnat autochtone de Kamloops nous confronte à l’innommable.

Dans ces pensionnats où l’on prétendait « tuer l’Indien au cœur de l’enfant », ce sont des enfants que le racisme a tués.

  • Écoutez la chronique politique d’Emmanuelle Latraverse sur QUB radio:

Jusqu’ici, la commission Vérité et Réconciliation avait recensé le décès de 3201 enfants. Combien d’autres ont succombé à la malnutrition, à la maladie, aux mauvais traitements ? Il faudra oser faire des fouilles aux abords des autres pensionnats. 

Ceux-ci étaient certes moins nombreux au Québec qu’ailleurs au pays, mais les séquelles sont les mêmes, les deuils, les déchirements, les piètres soins aussi. 

Pire, le cycle colonial se perpétue encore aujourd’hui.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Triste bilan

En 2021, les familles d’accueil blanches et des centres jeunesse ont, certes, remplacé les pensionnats. 

Mais pour les enfants de la DPJ, c’est le même déracinement, la même perte de repères dans une culture étrangère qui se perpétue. Les soins ne sont toujours pas adéquats.

Ce n’est pas pour rien qu’en 2001, le Québec s’est doté d’une loi pour permettre aux communautés autochtones de prendre en charge la protection de leurs enfants.

Et pourtant, ils sont toujours 6 fois plus susceptibles d’être judiciarisés, placés 7 fois plus souvent en famille d’accueil. Oui, il y a la pauvreté, les dépendances. Mais l’ignorance et la condescendance persistent tristement au sein de la DPJ.

Ce constat n’est pas le mien, mais celui de l’Enquête nationale sur les Femmes et les filles autochtones assassinées et disparues, puis des commissions Viens et Laurent. 

Donc, bravo, mettre les drapeaux en berne à l’Assemblée nationale à la mémoire de ces enfants de Kamloops ! 

Mais de grâce, mettons en œuvre rapidement les réformes que trois commissions d’enquête ont formulées pour qu’un jour, les enfants autochtones puissent enfin espérer la bienveillance et la dignité qu’ils méritent.